MANKEUR NDIAYE, REPRÉSENTANT SPÉCIAL DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ET CHEF DE LA MINUSCA : «Mon objectif, faire du 8ème accord de paix le dernier en Centrafrique»

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Interview Mr Mankeur Ndiaye, représentant du secrétaire général des Nations unies en République Centrafricaine,

 

Au confluent de la très belliqueuse zone des Grands Lacs de l’Afrique centrale, la République Centrafricaine (Rca) connait un prolongement d’une grande crise politique, institutionnelle et sécuritaire depuis des années. Une situation à laquelle, Mankeur Ndiaye, représentant spécial du secrétaire général et chef de la Mission Intégrée multidimensionnelle des Nations Unies pour la stabilisation en République Centrafricaine (Minusca), doit trouver des solutions urgentes, durables et viables. Dans cet entretien, l’ancien ministre des Affaires étrangères du Sénégal revient sur la complexité de sa mission ainsi que l’état actuel d’exécution de l’accord de paix signé, il y a six mois à Khartoum, au Soudan.

Quelle est, aujourd’hui, la situation en République Centrafricaine, six mois après la signature de l’accord de paix entre l’Etat et les groupes armés ?
Il y a eu de très longues négociations de paix qui se sont tenues à Khartoum au Soudan entre les différents acteurs du conflit. Au cours du mois de février, dans cette même localité, les médiateurs sont arrivés à un compromis. Ils ont paraphé un accord qui a été signé le 6 février 2019 à Bangui, symboliquement. Coïncidence heureuse, j’ai été nommé le même jour. Principalement, il faut noter qu’un accord de paix, ce n’est pas la paix proprement dite. Il ouvre la voie vers celle-ci. C’est un long processus, un chemin très tortueux, très compliqué où il faut tout faire pour que les engagements pris par le gouvernement et les groupes armés, soient respectés : arrêt des mouvements militaires, arrêt des exactions, arrêt de toutes les taxations illégales, libération des enfants soldats et des bâtiments administratifs, etc. Aujourd’hui, il y a, véritablement, des avancées importantes notées par rapport à la période d’avant la signature de l’accord. Il n’y a plus de confrontation militaire directe entre le gouvernement et les groupes armés. Ce que nous constatons, plutôt, ce sont des confrontations militaires entre ces derniers, pour conquérir des terres. La Centrafrique est un grand pays de 623.000 km2, avec seulement cinq millions d’habitants, immensément riche en ressources naturelles (diamant, or), un territoire où il pleut neuf mois sur douze. Là-bas, l’Etat contrôle à peine le quart du territoire national. Tout le reste est gouverné par les groupes armés qui exploitent l’or, le diamant, de manière illégale et qui les vendent et les exportent. Ainsi la question de la gestion des ressources naturelles est l’un des éléments fondamentaux du conflit. Aujourd’hui, il y a moins de violence mais il y a toujours des attaques contre les convois humanitaires. Et nous, à la Minusca, avons un mandat fixé par le Conseil de sécurité que nous cherchons à mettre en place, avec aussi des tâches supplémentaires qui viennent s’ajouter à celui-ci : comment aider dans la mise en œuvre de l’accord entre les deux parties. A ce titre, il y a une évolution positive sur le terrain, même si c’est encore très timide.

Vous déclariez, il y a quelques temps, qu’« entre 50 et 70 actes de violation de l’accord sont commis chaque semaine sur l’ensemble du territoire national : violation de la liberté de circulation et taxations illégales ». Cette situation s’est-elle améliorée ?
Il y a des violations massives de l’accord, au quotidien, des groupes armés. Les progrès, nous les mesurons, nous les documentons. Entre le mois de février et celui de mai, nous avions constaté quelques 50 à 70 violations de l’accord par semaine. Mais depuis le mois de juin, le nombre a un peu baissé, puis en juillet nous avons recensé à peine 27 violations par semaine. Nous disposons de 11 bureaux de travail sur le terrain. Il faut se féliciter de la volonté politique du Président (de Centrafrique) Touadera et de son gouvernement, de mettre en place tous les mécanismes de suivi de l’accord de paix, notamment la mise en place d’un comité exécutif de suivi (où il y a les représentants du gouvernement, des groupes armés, de la société civile, des partis politiques, de l’opposition) qui se réunit périodiquement et qui évalue l’état de mise en œuvre de l’accord. Durant ces rencontres, les groupes armés qui sont représentés par cinq personnes, sont interpellés sur les cas de violation qui sont constatés sur le terrain. C’est donc une instance extrêmement importante.
Nous programmons de mettre en place, très bientôt, la Commission vérité, justice et réconciliation comme celle qui existe en Côte d’Ivoire par exemple. Elle va réfléchir sur les causes du conflit et va s’atteler, au cœur de son activité, sur la question des victimes, des violences et celle de la correction. Ceux qui ont été martyrs méritent réparation. Un fonds judiciaire va être mis en place pour leur dédommagement. Nous avons des perspectives très positives pour ce qui est de l’avenir de l’accord et du règlement de cette crise très complexe de la Centrafrique qui date depuis des décennies. Nous savons qu’avec cet accord, nous pouvons arriver à stabiliser cette situation et mettre fin à ce conflit.

Par rapport à ce que vous venez d’expliquer, la mission est-elle facile pour vous ?
La mission est loin d’être facile. Dans certains pays, les opérations de maintien de la paix peuvent durer 15 à 20 ans. Ce qui se passe au Mali en est un exemple, même si, la situation de ce pays est différente de celle de la Centrafrique où il ne s’agit pas de mouvements terroristes mais de groupes armés. Il faut du temps pour la réconciliation. Quand ce sont les citoyens d’un même pays qui se battent aussi violement, la paix ne s’installe pas d’un trait. Il faudra du temps. Il y a beaucoup de meurtres, de violence, surtout communautaire, de haine entre les Seleka (groupes rebelles à coloration musulmane, ndr), les antibalaka (milices d’autodéfense, ndr). A cela, s’ajoute le conflit religieux entre musulmans et chrétiens. La Rca est un pays où les musulmans, minoritaires dans certaines régions, sont souvent brimés. Cela rend notre mission d’autant plus difficile. Mais la volonté de la communauté internationale est là pour aider à mettre fin au conflit. La Centrafrique est un pays qui bénéficie d’un très large soutien sur le plan international, à commencer par les Nations Unies, l’Ua, l’Ue et beaucoup de partenaires bilatéraux, la France, la Russie, les Etats-Unis, etc. Il y a, en ce moment, un mémento autour du pays qui peut nous mener vers la voie d’une paix définitive.

Est-ce que les populations centrafricaines sont impliquées dans la mise en œuvre de l’accord de paix ?
Il n’y a pas eu suffisamment de communication à l’endroit des populations concernant l’accord. Et ça, c’est le péché originel de l’accord. Parfois, elles ne comprennent pas comment des personnes qui ont commis des meurtres, soient nommées par la suite ministres ou députés ou deviennent conseillers du Président. Il était donc important d’expliquer le pourquoi de l’accord. Toutefois, par essence et par nature, les accords de paix sont toujours imparfaits. Ce sont des compromis où les acteurs n’ont pas toujours ce dont ils souhaitaient disposer. Alors nous trouvons un modus opérandi, et malheureusement, les populations ne le comprennent pas toujours ainsi. Personnellement, j’ai rencontré des jeunes qui se plaignaient de voir des personnes analphabètes nommées ministre et ils ont même organisé une marche devant l’Assemblée nationale pour déchirer leur diplôme. L’intégration, de l’appropriation et de la prise en compte des préoccupations des populations sont des interrogations fondamentales qui ne sont pas réglées. C’est pourquoi la Minusma a aidé le gouvernement à développer un plan de communication stratégique pour expliquer l’accord. Ce, en partant du principe essentiel qu’il n’y a pas de solutions militaires à la crise. La solution ne peut être que politique. S’il y avait de telles possibilités, le gouvernement et les groupes armés ne se rendraient pas à Khartoum pour négocier un accord. Si le gouvernement avait la capacité et les moyens d’écraser les groupes armés, il ne se rendrait pas à Khartoum pour négocier. De même que les groupes armés. Comme la situation est là, il faut trouver un compromis qui est cet accord politique de paix et de réconciliation.

La volonté de sortir de la crise est-elle palpable sur le terrain ?
Du côté du gouvernement, la volonté politique est forte. De même que pour certains groupes armés. Certains de ces groupes armés ont fait beaucoup de pas vers la paix. Ils ont même fait des déclarations et communiqués pour réaffirmer leur attachement à la paix. Ces groupes ont aussi, par la même occasion, libéré des bâtiments administratifs qu’ils occupés, levé les barrières et accepté de s’engager dans le processus de Ddr (Démobilisation-désarmement-réintégration). Nous avons même ajouté un autre R qui signifie rapatriement, parce qu’il y a des étrangers qui combattent dans ces groupes armés. Ces étrangers, il faut les rapatrier chez eux. C’est pourquoi, nous parlons maintenant de Ddrr (Démobilisation-désarmement-réintégration-rapatriement). C’est un processus qui est donc très long et complexe. La question de la communication stratégique et de l’appropriation de l’accord par les populations est très essentielle et elle n’est pas totalement réglée. C’est pourquoi, il faut continuer à communiquer, à expliquer. Nous avons un service de communication qui est très puissant à la Minusca. Nous avons aussi une radio qui est très écoutée. C’est Kira Fm et elle émet sur l’une des radios les plus puissantes de la Rca. Elle fait passer des messages de paix. Nous avons également des stations régionales qui travaillent et qui utilisent la langue locale, le Sango, comme médium. Le principal moyen de communication en Centrafrique, c’est la radio. La télévision a un champ de diffusion très limitée là-bas. En plus, les populations sont, pour la plupart, analphabètes. Nous n’avons donc que la radio et la langue locale pour faire passer les messages.

Quel est l’état des lieux des programmes de désarmement, démobilisation et réhabilitation des groupes armés, qui est un point central de l’accord de paix ?
Le Ddr ne peut pas être engagé s’il n’y a pas la confiance entre les acteurs. On ne peut pas demander à un groupe armé de désarmer s’il n’a pas confiance en l’autre partie. S’ils (les groupes armés) désarment, ils seront nus et l’on peut tirer sur eux. Il faut donc créer les conditions de la confiance. Dans certaines régions, le Ddr avance et moins dans d’autres. Il y a entre les deux, des unités spéciales mixtes de sécurité. Dans l’accord de paix, il est prévu la mise en place de ces unités mixtes de sécurité dans certaines zones. C’est surtout pour sécuriser les sites miniers et la transhumance. La transhumance du bétail est essentielle dans un pays comme la Centrafrique. Elle est source de conflits permanents, surtout durant les mois de transhumance du bétail. Il y a des groupes armés qui sont formés uniquement pour sécuriser la transhumance. Des gens créent des groupes armées pour sécuriser leur bétail, parce qu’il y a des vols de bétail, des massacres des éleveurs dans certaines zones, parce que la transhumance ne concerne pas seulement la Centrafrique. Il y a aussi le Tchad et le Cameroun qui sont concernés. Même en Afrique de l’ouest, cette question de la transhumance du bétail crée des tensions entre les Etats. Cette question de la transhumance est alors essentielle. Juste pour dire que les défis à relever sur le terrain sont nombreux. Mais il y a encore de l’espoir que nous allons réussir en nous faisant confiance les uns aux autres, et aussi en développant un nouvel esprit de paix fondé sur la confiance. La confiance est fondamentale pour résoudre une crise comme celle de la Centrafrique.

Les structures chargées de la mise en œuvre de l’accord de paix ont-elles les moyens de leur mission ?

Il y a naturellement des problèmes de moyens. C’est pourquoi, nous comptons beaucoup sur l’appui de la communauté internationale, des Nations Unies, de l’Union européenne. La Rca est un pays où l’armée a été complètement déstructurée. Il faut donc reconstruire cette armée. Avec l’appui de l’Union européenne dont la mission Military training mission in the Central African Republic (Eutm), nous formons les Forces armées centrafricaines (Faca), et aidons à leur déploiement sur le terrain. Cela entre dans l’un des objectifs stratégiques de la Minusca, qui est de restaurer l’autorité et la présence de l’Etat sur le terrain. Le pays, ce n’est pas seulement Bangui. L’Etat contrôle à peine le quart du territoire. Sur tout le reste, il n’y a ni Faca, ni gendarmes, ni policiers mais que les groupes armés et la Minusca. Il n’y a dans cette partie du pays aucun service public. L’Etat y est quasiment absent. Il faut former les Forces armées, les forces de sécurité intérieure comme la gendarmerie et la police et aider à leur déploiement sur le terrain. Nous avons commencé le déploiement des Faca sur le terrain et dans certaines zones. Il faut que ce travail continue parce qu’il faut que ces forces-là soient sur le terrain. Quand les forces armées sont déployées, il faut aussi en même temps déployer les forces de sécurité comme la police et la gendarmerie. Après, il faut que les autres services, ceux fiscaux, de santé, d’habitat, etc., viennent aussi. Mais dans certaines zones, il n’y a pas l’Etat et aucune présence de ses services. Même les prisons sont gérées par des groupes armés qui arrêtent des gens, les jugent eux-mêmes et les mettent en prison.

Avez-vous le soutien des pays frontaliers dans la recherche de solution en Centrafrique ?
Il y a une dimension régionale de la crise en Rca. Les pays voisins sont tous des facilitateurs de l’accord. La Rca est un pays qui a un environnement géostratégique et géopolitique très compliqué. Les frontières de la Rca c’est quoi ? Il y a le Tchad, la Rdc où il y a une mission des Nations Unies depuis des années, le Cameroun avec Boko Haram, le Soudan avec la situation politique qui y sévit et aussi le Sud Soudan. Voilà les pays frontaliers de la Rca avec un environnement géostratégique et géopolitique de la Rca très compliqué. Un pays comme je l’ai affirmé, avec une non présence de l’Etat et des frontières ouvertes où il y a des va et vient et des groupes armés qui s’approvisionnement en armes auprès des pays voisins, donc des trafics d’armes, de munitions. C’est très compliqué et difficile. En plus, la Minusca n’est pas présente dans tout le pays parce qu’ayant des moyens très limités. Parfois, on veut faire à la Minusca ce qu’elle ne peut pas et ne doit pas faire. Notre mandat est défini par le Conseil de sécurité. Il est annuel. Chaque année, le Conseil de sécurité renouvelle notre mandat depuis que la mission a été déployée en 2014. Chaque année, le Conseil de sécurité dit : « voilà le mandat qui vous est confié ». Le mandat en cours a été défini le 15 novembre dernier par la résolution 2448 du Conseil de sécurité. Il sera certainement renouvelé au mois de novembre prochain avec les mêmes objectifs stratégiques ou d’autres qui vont s’y ajouter. Mais au cœur du mandat, il y a la protection des populations civiles, la sécurisation des convois humanitaires qui amènent l’aide et l’assistance aux populations, les bons offices politiques, surtout comment accompagner le processus et le dialogue politiques, la réconciliation nationale, la promotion des droits humains, la lutte contre l’impunité, l’appui à l’extension de la présence et de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national. Il y a aussi la protection du personnel et des biens des Nations Unies. Voilà le mandat tel que défini par la résolution 2448 du Conseil de sécurité. Nous souhaitons, lors de l’adoption du nouveau mandat en novembre, que l’on puisse permettre à la Minusca d’appuyer le processus électoral parce qu’il y aura des élections législatives et présidentielle en décembre 2020. En ayant ce mandat-là, la Minusca aidera à appuyer sur le plan logistique l’organisation et la tenue des prochaines élections législatives et présidentielle de 2020.

Vous n’êtes pas le seul sénégalais au sein de la Minusca. Le Commandant de la Force militaire est aussi un général sénégalais, en plus de la présence de contingents sénégalais. Quelle appréciation les Centrafricains ont-ils de cette présence sénégalaise ?
Le Sénégal a une relation historique avec la Rca. Notre pays a eu à former des cadres centrafricains dans nos écoles de formation, nos universités, également dans nos écoles de formation militaire. Je suis le quatrième sénégalais à diriger une opération de paix en Centrafrique après le ministre d’Etat Cheikh Tidiane Sy, feu le général Lamine Cissé pendant six ans, le général Babacar Gaye qui a eu à porter sur les fonts baptismaux la Minusca en 2014 et qui a quitté en 2015. Moi, je suis venu en 2019 pour être le quatrième sénégalais à diriger une mission d’opération de paix en Rca. En plus, il y a des contingents sénégalais qui contribuent à la stabilisation de ce pays. Aujourd’hui, nous disposons d’une force de police constituée de 140 éléments sénégalais déployée à Bangui et qui contribue à la sécurisation des institutions. A l’Assemblée nationale, ce sont des policiers et gendarmes sénégalais qui assurent la sécurité du président et dans d’autres institutions. Le Sénégal fournit à la Minusca trois hélicoptères de combat qui font la différence. C’est très important cette forte présence militaire. Le commandant de la Force est un général sénégalais, Balla Keïta, que j’ai trouvé sur place. Il devait quitter en février, moi je suis venu en mars. Nous ne devrions pas nous trouver à Bangui mais il y a le processus de sélection de son remplaçant qui est encore en cours. C’est pourquoi il est toujours en place. D’ailleurs, il est à Dakar actuellement en congé comme moi. C’est très important d’avoir cette présence sénégalaise forte qui est très appréciée par les centrafricains qui louent tous le professionnalisme des policiers et militaires sénégalais et aussi tout l’appui que le Sénégal apporte à leur pays.

A votre nomination, vous attendiez-vous à une mission aussi complexe ?
Quand il y a eu la vacance du poste, j’ai été retenu parmi d’autres candidats. Nous sommes passés après par un processus de sélection au terme duquel le secrétaire général des Nations Unies a pensé que j’avais le meilleur profil pour occuper ce poste. J’ai aussi bénéficié de l’appui du Président Macky Sall qui a été avec moi durant tout le processus. Je voudrais profiter de l’occasion pour le remercier particulièrement pour son soutien. J’aurai le plaisir de le rencontrer et lui rendre compte de l’état d’exécution de la mission et aussi lui réaffirmer toute ma gratitude (ndr : Mankeur Ndiaye a été reçu par le Président de la République le 8 août dernier, après cette interview). J’ai plaisir à me voir rappeler que je suis le premier diplomate de carrière sénégalais à diriger une opération de maintien de la paix depuis l’indépendance. Je m’en réjouis ; que cette mission ouvre la porte à d’autres diplomates sénégalais. Une mission de maintien de la paix, ce n’est pas facile surtout comme celle de la Minusca. C’est à peu près 15.000 hommes dont 13.000 personnes en uniforme, 2000 policiers, plus le personnel civil qu’il faut commander. La responsabilité d’utiliser la force est fondamentale et très lourde. Il faut surtout particulièrement veiller à la sécurité des personnels en uniforme qui sont sur le terrain des opérations et qui risquent leur vie au quotidien. La Rca est un pays où c’est l’insécurité totale. Mais quand vous acceptez des missions comme ça, il faut en assumer toutes les conséquences et travailler tout en sachant que vous représentez un pays. Tous les regards sont portés sur le chef de la mission. Il faut donc avoir un comportement irréprochable. Ce sont des missions qu’il faut absolument assumer avec beaucoup de dignité en pensant surtout au résultat. L’objectif du chef de mission de maintien de la paix est de réussir la paix qui n’est pas toujours facile, et aussi de travailler pour que la mission elle-même puisse être fermée et clôturée. Une mission de maintien de la paix ne doit pas être éternelle mais limitée dans le temps. Nous sommes en place pour travailler à la mise en œuvre d’un accord de paix, qui est le huitième signé en Rca. Mon objectif est de faire en sorte qu’il soit le dernier et qu’il n’y ait pas de neuvième accord.

sen-infos.com




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