Allocution du Dr Amadou Mame DIOP, Président de l’Assemblée Nationale à la 17ème Session de la Conférence de l’UPCI

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Après avoir rendu grâce à ALLAH, je voudrais exprimer ma profonde gratitude à mon frère Son Excellence Monsieur Brahim Boughali, Président de l’Assemblée nationale populaire de la République Algérienne Démocratique et Populaire pour l’accueil chaleureux réservé à ma délégation et moi-même et pour les dispositions empreintes d’amitié dont nous avons bénéficié depuis que nous avons foulé le sol de ce beau pays.
Permettez-moi également de saluer la parfaite organisation de nos Sessions et féliciter le Secrétaire Général et son équipe.

Excellences, Mesdames et Messieurs ;

Notre Session se tient dans un contexte international particulièrement difficile tant sur le plan économique qu’en ce qui concerne la paix et la sécurité de notre planète. Je voudrais à l’entame de mon propos me réjouir de l’inscription à l’ordre du jour de notre présente Session du Comité permanent des affaires politiques et des relations extérieures de l’UPCI, de l’importante question d’Al-Qods et de la cause palestinienne.

Comme vous le savez, pour la première fois depuis 1976, le Comité des Nations Unies pour l’Exercice des Droits inaliénables du Peuple palestinien, a choisi, il y a quelques semaines, le Sénégal pour sa retraite annuelle. Cela ne s’était jamais fait auparavant en dehors des Etats-Unis et témoigne de la confiance en notre pays et notre continent.
Les liens historiques, particulièrement solides entre les Peuples sénégalais et palestinien, aussi bien au niveau bilatéral qu’à l’échelon multilatéral, expliquent en effet notre soutien historique et intangible au droit des Palestiniens à disposer d’un Etat viable, indépendant et internationalement reconnu et garanti, sur la base du Droit international et des Résolutions pertinentes des Nations unies.

C’est le lieu, ici, de regretter, l’augmentation des violations graves infligées aux populations palestiniennes et les énormes destructions au cours de l’année écoulée. C’est pour moi une raison supplémentaire d’exhorter au respect de la cessation des hostilités et à l’instauration d’une paix durable.
Excellences, Mesdames et Messieurs

Le Sénégal exerce avec responsabilité la présidence du Comité des Nations Unies pour l’Exercice des Droits inaliénables du Peuple palestinien, mis en place en 1975.
Par ailleurs, depuis 1968, nous participons, aux côtés de la Malaisie qui en assure la présidence, et du Sri Lanka, au Comité spécial des Nations Unies chargé d’enquêter sur les pratiques israéliennes affectant les droits de l’homme du Peuple palestinien et des autres Arabes des territoires occupés.

Dans sa longue tradition, le Sénégal a toujours pris la pleine mesure de cette marque de confiance renouvelée. Fort de son engagement sur la scène internationale depuis les pères fondateurs de l’Indépendance jusqu’à aujourd’hui sous le leadership inspirant du Président Macky SALL, notre pays ne manquera pas de porter, à tous les niveaux possibles, cette question qui requiert davantage d’action, d’unité et de solidarité, en particulier du monde musulman.
Il s’agit, à terme, d’aboutir à la solution à deux Etats vivant côte à côte dans des frontières sûres et internationalement reconnues, conformément à la Résolution 2334 du Conseil de Sécurité du 23 décembre 2016.

En sa qualité de membre du Conseil de Sécurité de l’ONU, au titre de 2016-17, le Sénégal s’était porté co-auteur de la résolution 2334 (2016) sur les colonies israéliennes de peuplement, adoptée le 23 décembre 2016.

En outre, en tant que membre du Conseil des Droits de l’Homme (CDH) et de l’Organisation de la Coopération islamique (OCI), notre pays a soutenu la tenue d’une session extraordinaire du CDH sur la question palestinienne, en mai 2021.

En tant que membre fondateur de l’OCI, dont la cause palestinienne est la raison d’être, le Sénégal a toujours apporté son soutien à la question palestinienne, y compris dernièrement en s’associant à l’adoption de la résolution sur la situation en Palestine lors de la session ministérielle extraordinaire du Comité exécutif de l’OCI, réunie le 16 mai 2021.

Enfin, en sa qualité de Président du Comité des Nations Unies pour l’Exercice des Droits inaliénables du Peuple palestinien, le Sénégal a présenté, le mercredi 30 novembre 2022, le rapport dudit Comité à l’Assemblée Générale et a introduit 04 projets de résolution qui ont tous été adoptés.
Pour illustrer cet engagement du Sénégal, je citerai en particulier, le voyage d’études dans le domaine de l’hydro-diplomatie, organisé en octobre 2019 à Dakar, en rapport avec la Division des Droits du Peuple palestinien de l’ONU. Son but était de renforcer les capacités des cadres et fonctionnaires palestiniens sur la question.

Ces brefs rappels historiques et factuels soulignent, au besoin, l’engagement du Sénégal, constant et indéfectible, du Sénégal à la cause palestinienne. Nous sommes, faut-il le répéter, en faveur d’une solution politique définitive au différend israélo-palestinien, sur la base de la solution des deux Etats, avec Jérusalem-Est comme capitale de la Palestine, en application du Droit international et des résolutions pertinentes de l’ONU.

Fidèle à ses convictions et assumant pleinement ses positions, faut-il aussi le rappeler, le Sénégal, en tant que pays souverain, entretient également des relations bilatérales de coopération avec Israël. La Conviction forte de notre pays est que ce différend, à l’instar de tous ceux qui l’ont précédé, ne saurait trouver d’issue définitive qu’autour d’une table de négociations, en tenant compte des aspirations légitimes de l’ensemble des protagonistes.

Excellences,
Honorables Députés,
Mesdames et Messieurs,
Chers Invités,
Je voudrais à présent, évoquer les enjeux de coopération entre nos pays. A cet égard, permettez-moi de vous assurer de l’engagement de l’Assemblée nationale du Sénégal à prendre une part active à cette réflexion et à la mise en œuvre des conclusions qui en découleraient.
En effet, en plus de la crise sanitaire de la COVID et de ses effets, l’économie mondiale connaît un ralentissement de l’activité depuis 2022, notamment dans les pays les plus développés et une inflation sur les produits alimentaires et énergétiques ;
Il s’y ajoute la persistance de plusieurs foyers de tension et la survenance d’un conflit majeur en Europe de l’Est.
La situation ainsi décrite, lourde de menaces et d’incertitudes, oblige nos différents Etats, unis par des valeurs fondamentales, à plus de solidarité et de coopération.
L’Union des parlementaires des Etats membres de l’OCI (UPCI), notre organisation commune, constitue un atout majeur et un socle essentiel sur lequel nous devrons nous appuyer.
Avec le nombre de membres et d’observateurs que compte l’UPCI, nous constituons en effet une véritable force devant compter face aux enjeux économiques, politiques et sécuritaires.
En tant que creusets du débat démocratique et sources de la plupart des lois, nos Parlements devront, en effet, jouer un rôle déterminant dans la promotion de la coopération entre nos Etats, dans ce contexte particulièrement difficile.
C’est pourquoi, je voudrais lancer du haut de cette tribune un appel à une réflexion sur la place de nos Institutions parlementaires respectives dans le renforcement de la coopération économique entre nos Etats.

Excellences, Mesdames Messieurs les Présidents des Parlements ;

Honorables Députés ;

Excellences Mesdames Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de Mission Diplomatique ;

Chers invités

C’est avec l’espoir que l’UPCI, dans ce contexte trouble, parviendra à apporter sa contribution au rapprochement de nos peuples et des politiques de nos Etats respectifs que je termine mon propos.
Je souhaite plein succès à nos travaux et vous remercie de votre aimable attention.

 

ASSALA MOU ALEYKOUM WA RAHMATOULA WA BARAKATOU !

 




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