Vers une Alternative résiliente sur le Climat -Par Assane NIANG

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Lorsque les membres d’une communauté en savent plus sur la façon de protéger leurs maisons et leurs villes, ils deviennent plus résistants aux catastrophes.

Au Sénégal, il est tombé en un seul jour le samedi 05 septembre plus de pluie que pendant trois mois de saison de pluie normale. Selon le ministre de l’Hydraulique Serigne Mbaye Thiam, il s’agit d’une pluviosité exceptionnelle avec 124 millimètres de pluie enregistrée.

La science du climat et la science météorologique ont fait des progrès impressionnants au cours de cette décennie écoulées dans leur capacité à suivre ces tempêtes et à identifier comment le changement climatique influence leur formation et leur férocité.

Pourtant, nos Etats sont encore malheureusement mal préparés. Nos côtes dans de nombreux endroits sont surdimensionnées et manquent de défenses contre les ondes de tempête et les inondations causées par de fortes pluies. Et la réponse dans les heures et les jours qui ont suivi ces intempéries est souvent lente et inadéquate.

Nous pouvons changer cela. Pour ce faire, les Etats africains devraient se tourner vers une alternative résiliente et scientifiques contre les dommages catastrophiques que les récentes intempéries peuvent infliger.

Les scientifiques ont une profonde expertise locale et géographique et comprennent que les dangers varient selon les paysages, de sorte qu’une protection adéquate d’un endroit ne protégera pas nécessairement un autre. Ils savent, par exemple quelles sont les zones les plus exposées aux vents extrêmes pour permettre d’anticiper sur les infrastructures adéquate et sur mesure.

Ils savent quels quartiers, villes et villages sont susceptibles de subir les dommages les plus graves et quelles communautés pourraient être coupées et isolées. Ils savent où les déchets industriels risquent de s’infiltrer dans un quartier ou de polluer les eaux souterraines.

En d’autres termes, ils en savent beaucoup.

Le problème est que cette expertise ne trouve pas toujours son chemin vers les élus et autres décideurs chargés de planifier et de répondre à ces catastrophes naturelles.

Une façon de changer cela serait de mettre sur pied des équipes d’intervention spécifiques et localisées de scientifiques et de responsables locaux de la gestion des urgences. Ces équipes seraient supervisées par un directeur central qui a une ligne directe avec les élus. Ils donneraient des conseils sur la façon de se préparer aux

catastrophes naturelles, comment limiter les dégâts et comment assurer la sécurité des personnes.

Lorsque les membres d’une communauté en savent plus sur la façon de protéger leurs maisons et leurs villes, ils deviennent plus résistants aux catastrophes. Mais ce n’est pas ce qui se passe. Les élus ne sont pas tenus ou censés avoir une expertise dans l’atténuation des catastrophes. Mais on devrait s’attendre à ce qu’ils sollicitent et agissent sur les conseils d’experts.

L’écoute des scientifiques peut sauver des vies.

Imaginez si nous appliquions ce type d’expertise et de prise de décision politique aux innombrables défis qu’apporte la vie dans nos zones vulnérables : où nous construisons, comment nous rendons ce que nous avons construit résilient et comment nous préparons les résidents à des inondations et catastrophes naturelles de plus en plus fortes. Baser la politique sur la meilleure science disponible sera encore plus critique à mesure que le climat change.

Le réchauffement climatique donne plus de muscle aux inondations. Les scientifiques et les communautés ont des solutions. Ils doivent être habilités par nos dirigeants pour les aider à apporter les changements dont nous avons désespérément besoin.




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