RP du Mercredi 08 Novembre 2017

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TOUBA APPRÉCIE L’ÉTUDE SUR LES IMPACTS ÉCONOMIQUES DU GRAND MAGAL

Touba, 8 nov (APS) – Le porte parole du khalife général des mourides, Serigne Bassirou Abdou Khadre Mbacké a salué « positivement », les résultats de l’étude portant sur les impacts économiques du grand Magal de Touba sur l’économie Sénégalaise.

« Cette étude mérite d’être saluée car elle est importante. Il est important de quantifier les impacts économiques réels du Grand Magal de Touba », a-t-il dit lors du dîner de presse organisé, mardi, à la Résidence Khadimou Rassoul.
L’étude réalisée par l’Université Alioune Diop de Bamabey en collaboration avec le Comité d’organisation du grand Magal de Touba a été présentée pour la première fois au public au cours de ce dîner.

« Les résultats (de cette étude) ont été plus que satisfaisantes malgré la complexité de la tache », a fait savoir le recteur de l’Université de Bambey, le professeur Lamine Guèye.

Faisant l’économie de l’étude, le docteur en Sciences économiques, le professeur Souleymane Astou Diagne, a fait noter que « le grand Magal brasse en moyenne 250 milliards FCFA dans l’économie nationale grâce notamment aux dépenses d’organisation ainsi que les dépenses effectuées par les pèlerins
A l’en croire, ces chiffres sont le condensé des réponses apportées aux différents questionnaires portant sur des acteurs clés comme sont les organisateurs, les pèlerins, les dahira, les ménages, les transporteurs, les sociétés de transfert des fonds, etc.

« Sur les 3.700.000 millions pèlerins enregistrés chaque année à Touba, 42% d’entre eux effectuent, durant leur séjour, des opérations de transferts d’argent pour des sommes comprises entre 56.000 FCFA et 139.000 FCFA selon que l’argent provienne du Sénégal ou de l’étranger », a soutenu Souleymane Astou Diagne.

Lequel ajoute que « les professionnels qui s’activent dans ces commerces de fonds, gagnent en moyenne, 800.000 FCFA par jour durant ce grand événement religieuxunique en son genre dans toute l’Afrique de l’ouest ».
« Les dahiras, quant à eux, dépensent en moyenne, entre 08 et 12 millions et ce, principalement dans la nourriture et le transport », a renseigné le docteur en Sciences économiques
Parlant de la moyenne d’âge des pèlerins, le professeur Diagne a laissé entendre qu’elle « est passée de 32 ans il y’a quelques années à 29 ans ». Selon lui, « les pèlerins qui viennent généralement de Dakar, Diourbel et Thiès ont un niveau d’instruction bien élevé ».
En outre, l’étude fait relever que « 150 000 ruminants sacrifiés chaque année à Touba, pour les besoins du grand Magal », a-t-il renseigné.
Les résultats des cette étude appellent des recommandations qui ont trait à une « meilleure organisation spatiale de la ville, à la création de sites d’hébergement pour renforcer la capacité d’accueil, ou encore à la mise en place d’un plan industriel pour la cité religieuse et ses alentours » rapporte le professeur Souleymane Astou Diagne.MK/PON
UN BON MUSULMAN DOIT GAGNER SA VIE DE « FAÇON LICITE » (CONFÉRENCIER)

Touba, 8 nov (APS) – Un bon musulman doit gagner sa vie « licitement » en exerçant un « travail décent » qui tienne en compte des exigences de la religion, a soutenu Serigne Cheikhouna Mbacké, enseignant et membre du dahira mouride « Rawdur Rayahin ».
« Un bon musulman doit vivre d’un avoir licite. Si tu veux suivre Dieu et le prophète Mohamed (PSl) tu dois vivre licitement. Et pour cela il faut travailler », a-t-il dit, mardi, au cours d’un dîner de presse offert par le comité d’organisation du grand magal de Touba.
Serigne cheikhouna Mbacké animait un panel sur le culte du travail chez le mouride au cours de cette rencontre de présentation de l’étude des impacts économiques du grand magal deTouba dans l’économie du Sénégal.

A l’en croire, ’’le talibé mouride aime le travail parce qu’il a été formaté ainsi’’.

« Le fondateur du mouridisme faisait en sorte de gagner sa vie à la sueur de son frontpour être indépendant et autonome » a fait remarquer le conférencier.
Qui a ajouté que « Serigne Touba a exhorté le fidèle au travail pour qu’il ne soit redevable à personne sinon son créateur ».
« Serigne Bamba n’a jamais eu besoin des blancs parce qu’il ne voulait pas être conditionné », a-t-il dit, poursuivant que le fondateur du mouridisme « faisait en sorte que tout ce dont il avait besoin soit produit chez lui pour éviter que l’argent sorte et profite à d’autres ».

L’enseignant a par ailleurs précisé que le musulman doit veiller à ce que son travail se fasse selon trois enseignements de l’islam.

« Le musulman doit d’abord avoir une activité autorisée par la religion comme l’agriculture, le commerce, etc. et éviter le vol, le jeu de cartes qui sont bannis par l’islam. Ensuite, Il doit, dans l’exercice ce cette fonction, éviter d’y associer des pratiques malsaines », a souligné M. Mbacké.
« Enfin, le travail ne doit pas empêcher au musulman de remplir ses obligations vis-à-vis de la religion comme la prière », a-t-il poursuivi.FD/PON

LE MAGAL EST « EXEMPLE ACHEVÉ » DE COLLABORATION ENTRE L’ETAT ET UNE FRANGE DE LA POPULATION (PRÉFET)

Touba, 8 nov (APS) – L’organisation du Magal de Touba est un « exemple achevé » de collaboration entre l’Etat et une frange de la population, exportable vers d’autres pays a déclaré, mercredi, le préfet du département de Mbacké, Mamadou Lamine Mané.

« Ce que les gens oublient, c’est que le Magal est un évènement de type privé. La communauté commémore un évènement important avec l’accompagnement de l’Etat. C’est un exemple achevé de collaboration entre l’Etat et une frange de la population », a-t-il dit

Mamadou Lamine Mané s’entretenait avec des reporters de l’APS venus couvrir la 123e édition du grand Magal de Touba
Selon lui, « c’est une expérience que l’on peut exporter peut-être vers d’autres pays même si au Nigéria des manifestations semblables sont organisées ».
A Touba, « nous avons près de 3 millions de pèlerins qui se déploient sur un territoire très limité en un laps de temps » contrairement à la Mecque où les organisateurs commencent à réduire le nombre de pèlerins, a souligné le préfet de Mbacké.
Le Magal est un moment pour les différents services de l’Etat comme la police, la gendarmerie, les sapeurs-pompiers, la santé, le cadre de vie, l’assainissement, l’élevage, etc. de travailler de « manière collégiale ». « C’est une occasion rare que les gens ont pour tester, pour voir aussi la capacité de réaction des différents services impliqués dans l’organisation de cet évènement », a-t-il fait remarquer.FD/PON

UN ARCHÉOLOGUE APPELLE À LA VALORISATION DES SITES CLASSÉS AU PATRIMOINE

Dakar, 7 nov (APS) – Les sites inscrits sur la liste du patrimoine national et sur celle du patrimoine mondial ne jouent pas véritablement leur « rôle social », a soutenu l’archéologue sénégalais, Ibrahima Thiaw, déplorant l’absence d’une « politique de valorisation ».
« À l’échelle nationale, nous avons une politique qui manque de cohérence. Nous avons beaucoup de sites inscrits sur la liste du patrimoine national et sur [celle] du patrimoine mondial qui n’ont pas impact direct et réel sur la vie des populations », a-t-il déploré dans un entretien avec l’APS
« C’est comme si c’était pour de la propagande que ces sites ont été classés » sur la liste du patrimoine national et sur celle du patrimoine mondial, a estimé Pr Thiaw, le responsable du laboratoire d’archéologie de l’IFAN-Cheikh Anta Diop de Dakar.

« Les informations sur les sites inscrits sur la liste du patrimoine national et sur celle du patrimoine mondial ainsi que l’inventaire national qui avait été fait, ne sont pas utilisés dans les politiques de développement », a expliqué Ibrahima Thiaw, également président de l’Association panafricaine d’archéologie (PAA, en anglais).

Il a également déploré l’absence d’espaces aménagés pour servir à des fins pédagogiques et ludiques. « On ne voit pas assez souvent ces formes de valorisation, ce qui fait qu’il y a beaucoup de destruction dans le cadre de l’aménagement du territoire », a-t-il encore noté.
« Beaucoup de sites sont détruits parfois au vu et au su des autorités en charge de la gestion de ce patrimoine. Des sites qui représentent des choses importantes dans la mémoire collective », a-t-il ajouté, citant le cas de l’île de Gorée située aux larges de Dakar qui, selon lui, est « constamment victime d’agressions ».
L’archéologie a également évoqué le site Nder, un village du Nord du Sénégal, où il s’est rendu récemment qui, dit-il, « est devenu un champ de culture ». Cette localité est devenu célèbre pour le courage de ses femmes qui, un mardi du mois de novembre 1819, se sacrifièrent collectivement pour ne pas tomber entre les mains d’esclavagistes maures.
Pr Thiaw a déploré la dégradation causée par l’érosion du site des amas coquilliers de Diorom Bou Mack et Diorom Bou Ndaw, dans le delta du Saloum, inscrit sur la liste du patrimoine mondial. Selon lui, « il n’y a pas d’aménagement qui permette aux visiteurs de profiter de ce site-là ».
« On ne voit pas de politique de valorisation se mettre en place et le classement [sur la liste du patrimoine national et sur celle du patrimoine mondial, on dirait que c’est à des fins de propagande politique] », a encore fustigé, Ibrahima Thiaw, responsable du Laboratoire d’anthropologie et d’ingénierie culturelle (LAIC) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar
« Nous souhaitons qu’il y ait une politique culturelle qui vise beaucoup plus à faire de ces espaces-là des lieux de rencontres, de dialogues, et qu’il puisse y avoir un impact sur l’économie des localités » abritant les sites archéologiques, a-t-ilpréconisé.ASB/ASG

Cheikh Béthio : «Ceux qui pensent que nous faisons du blanchiment d’argent…»

Seneweb.com  (Touba, envoyée spéciale) – De gros montants comme Adiya remis à leur guide. Des milliers de bœufs, moutons, chameaux et autres bêtes destinés aux repas. Une organisation impeccable avec étalage, voulu ou inconscient, de richesses… À chaque édition, les talibés de Cheikh Béthio brillent par la force de leur mobilisation pour le Magal de Touba. Ce qui pousse beaucoup à s’interroger sur l’origine de l’argent mobilisé pour l’événement. Licite ou illicite ?
Récemment, d’ailleurs, la présidente de l’Ofnac a fait part de la possibilité que l’institution qu’elle dirige se penche sur l’origine, notamment, des 270 millions que l’une des épouses de Cheikh Béthio a remis en guise de Adiya au guide des Thiantacones.
Hier, mardi, dans la cour de sa demeure à Janatou Mahwa, à quelques kilomètres du centre de Touba, Cheikh Béthio a tenu à répondre à ces interrogations.

«Ceux qui pensent qu’il faut préparer le Magal la veille, réaliseront difficilement ce que, nous, nous avons réussi, indique-t-il. Surpris par ce que nous faisons, certains pensent même que c’est de l’argent volé, de l’argent illicite. Mais nous, c’est durant toute une année que nous préparons le Magal.»

Le guide des Thiantacones d’ajouter : «Dès le lendemain du Magal, nous commençons à préparer le Magal suivant. Si vous ne savez pas comment nous préparons tout ça, vous pouvez dire que c’est du blanchiment ou de l’argent illicite. Beaucoup font cette erreur et font des jugements injustes à notre égard. Qu’ils fassent attention, et essaient de savoir ce qu’il en est véritablement.» Ndèye Fatou Ndiaye –

Magal 2017 : Touba a soif, plusieurs quartiers sans eau

Seneweb.comLe Magal de Touba, marquant le départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba, est célébré ce mercredi. Dans plusieurs quartiers de la Ville sainte, les robinets ne coulent plus depuis quatre à cinq jours. Pour limiter les désagréments, des camions citernes font la navette dans les rues de la cité religieuse. À Jannatoul Mahwa, fief des Thiantacones, également touché par le manque d’eau, on voit le même tableau. Les disciples de Cheikh Béthio ont pris les devants. »Nous avons pris des mesures pour faire face à cette situation, informe Mbaye Guèye, responsable de la Cuisine chez les Thiantacones et chargé de l’intendance globale. Des responsables de santhiane m’appellent pour me faire part de leur manque d’eau, c’est pourquoi le Cheikh a loué des citernes pour alimenter tout le quartier et d’autres lieux en eau durant tout le Magal. Chaque année on le fait sans attendre l’aide de personne. Il arrive que des gens amènent leurs futs ici pour les remplir la nuit et s’en servir le jour. »Ndèye Fatou Ndiaye

TOUBA : LE PROBLÈME D’EAU IMPUTÉ AU RÉSEAU ET À LA FORTE PRESSION

Touba, 7 nov (APS) – Le sous-préfet de Ndame, Mamadou Mbacké Fall, a expliqué mardi le déficit d’approvisionnement en eau de Touba par un problème de réseau, l’absence de la Sénégalaise des eaux (SDE) et la forte pression exercée par les populations, lors des périodes de grande affluence, comme le magal.
‘’A Touba, la SDE n’est pas présente et nous avons 26 forages qui tournent (presque 60% de cette production d’eau retournent à la terre) avec l’hydraulique régulièrement. Mais, nous avons un problème de réseau, parce que ce n’est pas géré comme dans les autres grandes villes’’, a-t-il déclaré.
Il s’entretenait avec des journalistes au sujet de la question de l’approvisionnement de Touba en liquide précieux, suite à l’interpellation de plusieurs personnes venues à la sous-préfecture pour se plaindre du problème d’eau à la veille du grand magal, qui commémore le départ en exil du fondateur du mouridisme, Cheikh Ahmadou Bamba.
Mamadou Mbacké Fall a évoqué ‘’des tuyaux […] qui ne sont pas prédéfinis au départ et des plombiers qui ne sont pas très bien formés’’, jugeant que cette situation ‘’pose vraiment un problème’’. Il a ajouté qu’’’il n’y a même pas de bande d’intersection valable pour mieux segmenter le réseau’’.

‘’A Touba, on a un problème parce que les gens ne paient pas l’eau et chaque année, il y a l’hydraulique, à travers l’OFOR [Office forages ruraux] qui se déploie pour que la gestion de l’eau soit améliorée’’, a-t-il relevé, faisant également allusion aux 2, 5 millions d’habitants de la cité religieuse, auxquels viennent s’ajouter plus de 5 millions de pèlerins du magal.

Le sous-préfet de Ndame assure que, depuis deux jours, l’OFOR est en train de faire des efforts sur le réseau. Il a en plus déployé des camions dans les quartiers en difficulté.
Il a rappelé que ‘’l’agglomération de Touba compte 24 villages’’, précisant que ‘’ce sont les quartiers de Dianatou Mawa, Same et Madiyana qui ont un problème d’eau’’. Selon lui, ‘’ le centre-ville est bien approvisionné’’

‘’Depuis hier [lundi], nous avons déployé 35 camions. Ce matin [mardi] aussi, nous sommes en train de déployer des camions sur l’ensemble de la ville. Mais, comme le Sénégalais est pressé, chacun veut avoir son camion. Nous sommes en train d’améliorer la situation’’, fait remarquer Mamadou Mbacké Fall.

‘’Nous avons prévu de dérouler 24h/24jusqu’à la nuit, et le lendemain on continuera le même processus en donnant 30m3 pour trois concessions. Maintenant, quand on a 100 camions et qu’il y a 200 personnes qui se présentent pour que chacun soit alimenté, il y a un problème de déroulement de l’opération, a-t-il estimé.
Il a rappelé qu’à Touba, ‘’les gens ne payent pas l’eau’’. ‘’C’est Maw Rahmati qui se débrouille et l’Etat qui paie toutes les factures d’eau qui sont enregistrées au niveau des forages. C’est presque une centaine de million par an’’, a-t-il précisé.Il a invité les populations au calme et assuré que l’Etat est ‘’en train de déployer assez d’efforts pour les satisfaire’’.FD/ASG

Magal Touba 2017: Quand les charretiers tirent leur épingle du jeu

http://www.leral.net Le Grand Magal de Touba, en dehors de l’aspect spirituel, en cache un autre qui est économique. Ainsi, beaucoup de charretiers venus de divers horizons spécialement pour cet événement, y trouvent leur compte. C’est, en effet, eux qui assurent le transport urbain. Beaucoup de pèlerins empruntent ces charrettes pour esquiver les embouteillages en cette période du Magal. Pour ceux qui se sont exprimés au micro de Leral.net, ils tirent leur épingle du jeu. Ils gagnent entre 5000 et 10 000 par jour. Mais, ces charretiers confrontent d’énormes difficultés surtout le paiement de taxes et l’intervention des policiers à leur endroit, qu’ils jugent trop sévères.

Transport : Les ânes imposent leur luxe à Touba

http://www.dakarmatin.com Le Grand Magal de Touba revêt un important aspect économique. A son approche, les charretiers rallient la ville par centaine. Ils viennent soit à bord de leur charrette, soit par des camions.
Tous issus de milieux ruraux, ils viennent aussi d’horizons divers. Et c’est eux qui assurent une grande partie du transport urbain à Touba, avant, pendant et même après le Magal. Beaucoup de pèlerins empruntent ces charrettes, qui évitent facilement les embouteillages. Cela, malgré la tonne de poussière qu’on peut avaler en étant embarqués à bord, ou les risques de chute ou autres types d’accident qu’on encourt.
Ces charretiers tirent bien leur épingle du jeu. Ils gagnent entre 5000 Fcfa et 10.000 Fcfa par jour. Cependant, ils disent se confronter à d’énormes difficultés liées aux taxes à payer. Aussi, les charretiers butent souvent sur les directives du plan de circulation établi par les forces de l’ordre

Déguerpissement des grandes artères de Touba : Les véhiculés poussent un petit ouf

http://www.pressafrik.com La décision du Khalife général des mourides de déguerpir les artères de la ville sainte à l’approche du Magal a été bénéfique à la circulation des pèlerins véhiculés. Surtout sur les principales rues qui donnent sur la grande mosquée.Il est très difficile voire impossible de permettre une circulation fluide des pèlerins en période de Magal. Mais le déguerpissement ordonné par le Khalife général en mi-octobre a permis de constater combien l’occupation anarchique de la voie publique rendait le mouvement des uns et des autres très compliqué.

Ce mardi 07 octobre, à 24 heures de la célébration du départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba, la grande mosquée de Touba est prise d’assaut par les personnes désireuses de faire leur « ziar » (recueillement et prières dans les mausolées de Serigne Touba et de ses illustres fils), avant le jour-J. Les principales routes goudronnées qui échouent sur l’imposant édifice dégoulinent de monde. Les voitures, encerclées de tous bords par une marée humaine, avancent difficilement. Mais c’est une aubaine pour Serigne Mor Mbaye, chauffeur d’un guide religieux de la ville sainte. 

« A cette même période l’année dernière et l’année d’avant, c’était impensable de se déplacer avec un véhicule. L’occupation bordélique de la voie publique par des cantines et autres garages mécaniciens rendait la circulations des personnes pénible et celle des voitures quasiment impossible », dit-il avant d’ajouter : « Pour faire des courses ou emmener mon marabout d’un endroit à l’autre, je pouvais faire 5 à 7 heures. C’était énervant. Mais cette année, avec les effets du déguerpissement, j’ai fait plus de quatre courses depuis ce matin avec mon véhicule ».
Sur l’allée principale qui mène sur le mausolée du cinquième Khalife des mourides Serigne Saliou Mbacké, un homme roule au volant d’un véhicule 4X4 de marque Chevrolet. Il a le temps de répondre à trois questions, vue la lenteur du trafic. Venu de New York, il y a une semaine, spécialement pour le Magal, Mansour Gaye reconnait que les chemins sont plus dégagés que lors de ses précédents pèlerinages (2014 et 2016). « C’est seulement hier qu’on m’a appris qu’il y avait eu un déguerpissement suite à un Ndigueul de Serigne Sidy Makhtar Mbacké. Pour dire vrai, j’ai constaté une toute petite amélioration par rapport à l’année passée. Parce que je ne pouvais pas venir à ce niveau (à quelques mètres de la grande mosquée) par voiture. C’est toujours difficile de se déplacer à Touba en période de Magal que ce soit à pied ou par voiture, mais il y a un peu plus d’espace cette année », constate-t-il. AYOBA FAYE

Dr El Hadj Yade « 50 000 petits ruminants, 20 000 bovins, 350 chameaux pour le Magal 2017 »

iGFM – (Dakar)  « 50 000 petits ruminants, 20 000 bovins, 350 chameaux sont à Touba  pour le Magal 2017 » selon le Directeur régional de l’Elevage, Dr El Hadj Yade –invité d’IGFM. Harouna FALL, Sékou Dianko Diatta, Bathie Gning, Cheikh Sarr et Pape Lam(Envoyés spéciaux à Touba)

MENACES TERRORISTES ET MAGAL 2017 :L’indifférence de la communauté mouride

http://www.enqueteplus.com Evènement de grande ampleur, le Magal de Touba réunit chaque année des millions de fidèles venus des quatre coins du globe. Moment de gratitude et surtout de réjouissance, l’édition de cette année se tient dans un contexte lourd de menaces terroristes qui assaillent déjà la sous-région ouest-africaine. Mais, chez les disciples de Khadim Rassoul, Touba sera épargnée, quoi qu’il advienne.
La 123e édition du grand Magal de Touba est partie pour battre le record d’affluence. Déjà, à deux jours de l’évènement, la capitale du mouridisme refuse du monde. Dans certaines artères de la ville de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, il est quasiment impossible de se frayer un chemin, en ce début d’après-midi. Sous un soleil accablant, la plupart des fidèles qui viennent de débarquer dans la ville sont obligés d’arpenter le bitume, faute de moyens de locomotion.

Presque toutes les issues menant à la grande mosquée de Touba sont bloquées par des barrages édifiés par les forces de police et de la gendarmerie, sur un rayon de plus d’un kilomètre. Les rares charrettes qui s’aventurent à transporter certains pèlerins sont contraintes d’effectuer beaucoup de détours pour pouvoir s’approcher de la grande mosquée. Si elles ne sont pas simplement immobilisées par les forces de l’ordre, elles sont souvent sommées de quitter les artères principales pour ne pas rendre la circulation plus difficile qu’elle ne l’est déjà.

Touba étouffe, en attendant la grande affluence de la veille de la célébration du Magal. Beaucoup de pèlerins attendent souvent la veille ou le jour même du Magal pour rallier la ville sainte de Touba. Ce qui n’est pas sans conséquences néfastes sur la circulation routière qui enregistre beaucoup d’embouteillages. Mais également sur la sécurité routière, dès lors que beaucoup d’accidents sont souvent notés durant les évènements religieux de cette dimension.
L’édition du Magal de cette année se tient dans un contexte international et sous-régional particulier. La ceinture de feu qui menace la stabilité de toute l’Afrique subsaharienne empêche les autorités étatiques de dormir à poings fermés. L’arrestation d’un terroriste à Dakar et la récente alerte lancée par l’ambassade américaine basée à Dakar pour mettre en garde ses ressortissants, ont fini par installer la psychose dans certaines parties du pays. Mais, dans la ville de Bamba, l’on accorde peu d’importance à ces menaces. ‘’Nous n’avons rien à craindre. Serigne Touba veille sur sa ville et jamais personne ne pourrait y perpétrer un attentat’’, jure, la main sur le cœur, un jeune ‘’baye fall’’ (disciple de Cheikh Ibrahima Fall).
‘’Aussi secoué et instable que sera le monde, Touba restera toujours indemne. C’est Serigne Touba lui-même qui est le garant de la cité. Touba, c’est sa propriété privée. C’est une récompense divine, après qu’il a affronté le colonisateur, que ce soit sur terre ou sur mer, jusqu’à obtenir la bénédiction de son Seigneur. Ce ne sont pas ces menaces qui vont nous ébranler. Un musulman, a fortiori un disciple de Cheikh Ahmadou Bamba, n’a absolument rien à craindre, à part le créateur de l’univers’’, psalmodie-t-il. Avant d’ajouter : ‘’Qu’est-ce que le Blanc n’a pas fait pour réduire à néant Serigne Touba ? Il l’a enfermé dans une chambre avec un lion affamé, il l’a mis dans un four. Il a tout tenté pour se débarrasser de lui. Mais il n’a pas pu y parvenir. Donc, nous n’avons aujourd’hui rien à craindre’’, déclare-t-il avant de se fondre dans la masse.
Cette perception de la menace terroriste est, en effet, le sentiment le plus partagé dans la communauté mouride. La ville de Touba, selon celle-ci, est tellement sacrée qu’aucun acte malintentionné ne peut y prospérer. ‘’Nous n’avons pas peur et nous ne pouvons pas l’être. Ce que Serigne Touba nous a enseigné et légué comme prières et incantations nous suffit largement pour conjurer le mauvais sort, d’où qu’il vient’’, défend, pour sa part, Mor Cissé. Ce trentenaire originaire de Serrekunda, en Gambie, reste persuadé que, quoi qu’il advienne, Touba sera épargnée. ‘’Les terroristes ne pourront même pas fouler le sol de Touba, même s’ils le voulaient. C’est Dieu lui-même qui veille sur la ville de Cheikh Ahmadou Bamba’’, croit-il savoir fermement.
Même si dans la cité religieuse de Touba, la menace n’est pas prise au sérieux, force est de souligner qu’elle est pourtant bien réelle. Notre pays résiste au phénomène, depuis l’éclatement de la guerre dans le nord du Mali, à la porte même de nos frontières, au moment où des pays comme la Côte d’Ivoire, le Niger et le Burkina Faso sont frappés. C’est d’ailleurs pour parer à toute éventualité qu’un important dispositif sécuritaire a été déployé à Touba. Les effectifs déployés sur le terrain ont été renforcés pour assurer la sécurité de tous les pèlerins, tout au long du Magal.  ASSANE MBAYE (ENVOYE SPECIAL)

Un apprenti-chauffeur mortellement heurté par un véhicule à Ross Béthio : les victimes du “Magal” passent de 25 à 40

http://actusen.sn Alors qu’on n’a pas fini de pleurer la mort des 25 personnes de l’accident survenu ce lundi dernier sur l’axe Sagata-Kebemer, un autre drame vient de passer sur la route nationale n2 à hauteur de la localité de Thilegne vers Ross Béthio.Selon Sud FM de ce mercredi, un véhicule 4/4 a mortellement fauché un individu, avant de prendre la clé des champs. Les faits se sont déroulés, vers 1h du matin, dans la nuit de mardi à mercredi.
Mapenda Lo, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est un apprenti-chauffeur, qui tentait de changer un des pneus de sa voiture en partance de Mauritanie pour Touba. Et c’est à ce moment que la voiture en question l’a percuté et il a rendu l’âme sur le coup.
Alertés, les sapeurs-pompiers se sont transportés sur les lieux, pour acheminer le corps sans vie à la morgue de l’hôpital régional de Saint-Louis. Une enquête a été ouverte pour tirer les choses au clair.
Du coup, le bilan des morts engendrés par le présent “Magal”, qui passe de 25 à 40 victimes, ne cesse de s’alourdir. Aussi, il ne nous reste qu’à implorer le ciel pour que, sur le chemin du retour, aucun drame ne voie le jour, après la célébration de cet évènement religieux d’une dimension incommensurable.Mansour Sylla

Serigne Bass Abdoul Khadre:«Les victimes des accidents sont des martyrs»

http://www.leral.net Le porte-parole du khalife général des Mourides, Serigne Bass Abdoul Khadre a réagi ce mardi à la Tfm, aux différents accidents survenus sur la route de Touba, avec un bilan macabre de 40 décès.
Aux yeux de Serigne Bass Abdoul Khadre, ces victimes sont des martyrs. Dans la mesure où, selon lui, elles sont tombées sur le chemin du « Jihad » (Ndlr : le chemin de Dieu). Il a présenté ses condoléances aux familles des victimes et prié pour le repos de leur âme. Il a par ailleurs lancé aux conducteurs un appel  à la prudence sur les routes. Igfm

Me Assane Dioma Ndiaye:«Il corser les peines contre les responsables des accidents»

SenewebNews-RP Les organisations des droits de l’homme sont outrées par les nombreuses pertes en vies humaines sur les routes. Pour le président de la Ligue sénégalaise des droits humains, il faut des sanctions pénales contre les fautifs. « Avec la nouvelle réforme aujourd’hui, le fait de mettre en danger la vie d’une personne ou de l’exposer à un risque immédiat de mort ou de blessure par violation est sévèrement puni au Sénégal. Et les peines vont jusqu’à 3 ans de prison », a déclaré Assane Dioma Ndiaye.
Donc, aujourd’hui, selon le président de la Ligue sénégalaise des droits de l’homme, « on ne peut plus qualifier systématiquement ces accidents domiciles involontaires ou de blessures involontaires ». Il s’explique dans le journal de midi de la RFM : « Le fait de violer délibérément le code de la route et qu’il y ait un accident sans suite avec des morts d’hommes, c’est presque de l’homicide volontaire.Le juge peut aller à une sanction très sévère. Car, les peines contre les auteurs d’accidents ont été corsées dans le nouveau code pénal. Je pense aujourd’hui, il appartient aux juges d’appliquer sévèrement la loi ».Mamadou Salif DIENG-

Ziar des filles à la Grande Mosquée de Touba : Un voeu commun, le prince charmant… Regardez !

http://www.pressafrik.com Une communauté, une foi, un vœu serait-on tenté de dire après notre tour à la Grande Mosquée de Touba pour recueillir à chaud les motivations des filles qui se ruent dans les mausolées de Bamba et de ses illustres fils. Au début, elles avancent toutes le prétexte immuable de la foi en le fondateur du Mouridisme. Mais au fil de l’interview, elles lâchent toujours le même voeu : que leur moment de recueillement auprès des saints hommes guide les pas de du prince charmant jusque chez elle, avant la fin de l’année en cours ou le début de celle prochaine… Regardez !!!

 

Le Groupe Yavuz Selim géré désormais par la Fondation Maarif

http://www.pressafrik.com Le groupe Yavuz Selim est désormais entre les mains de Maarif. La fondation Turque a signé, ce mardi un accord de siège avec l’Etat du Sénégal. Ses responsables réfutent toute pression du gouvernement turc sur les autorités Sénégalaise. Ils ont par ailleurs annoncé le démarrage des cours pour bientôt.

Le président de la fondation Maarif reste sourd à la polémique qui entoure la reprise des écoles Yavuz Selim. « Je tiens à souligner que nous sommes une fondation créée par la loi, par l’Etat Turc. Nous n’avons aucun lien qui soit  d’ordre idéologique, religieux ou philosophique avec une quelconque organisation. Nous n’avons aucun agenda sombre, aucune opacité. C’est pour quoi tout ce qui fait l’objet de polémique ne concerne en aucun cas la réalité », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. 

« Il nous est impossible d’évoquer une date précise. Comme vous le savez, c’est au ministère de l’Education nationale qu’il appartient de délivrer l’agrément qui nous permettra de débuter les activités d’enseignement privé. Nous avons terminé tous nos préparatifs. Les équipes sont prêtes», a-t-il soutenu. Ibrahima Mansaly

LES UNIVERSITÉS INVITÉES À PRENDRE EN CHARGE « LES PRÉOCCUPATIONS » DES POPULATIONS

Dakar, 7 nov (APS) – L’universitaire sénégalais Ibrahima Thiaw a appelé les universités africaines à s’ouvrir davantage à la société pour prendre en charge « les préoccupations » des populations.
« Nous pensons que pour que nos universités soient acceptées et puissent véritablement jouer les rôles qui doivent être les leurs, il faudra un rapprochement avec les populations, qu’elles puissent prendre en charge les préoccupations des communautés africaines », a dit Pr Thiaw, responsable du Laboratoire d’anthropologie et d’ingénierie culturelle (LAIC) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.
Ce laboratoire, qui fait partie de l’école doctorale « Etudes sur l’homme et la société’’ de l’UCAD, va organiser, jeudi, à 16 heures, à l’UCAD, un symposium international sur le thème : « Reconstruire l’anthropologie en Afrique postcoloniale ».

Dans un entretien avec l’APS, Pr Thiaw explique que l’objectif n’est pas de décréter que ‘’les universitaires détiennent le monopole du savoir ». Selon lui, il s’agit fondamentalement de discuter avec les populations pour connaître leurs préoccupations, en particulier leurs rapports à l’environnement, la question des identités, la question du développement, etc.

« Donc, a-t-il martelé, on ne veut plus des universitaires qui utilisent leur statut de privilégiés et qui imposent leur manière de voir inspirée par une bibliothèque dont on connaît le rôle dans la marginalisation de l’Afrique. »
Pr Thiaw, qui est aussi le responsable du laboratoire d’archéologie de l’Institut fondamental d’Afrique Noire (IFAN de l’UCAD), dit souhaiter que « les universitaires, à travers leurs initiatives de recherche, puissent accorder plus d’attention aux populations, dans leurs efforts de déterminer de nouvelles trajectoires ».

De même, il a insisté sur ‘’une approche communautaire participative’’ dans la manière de poser les problèmes, relevant que ‘’les savoirs universitaires jusque-là sont très souvent teintés de rapport de pouvoir’’.

Il a souligné la nécessité de « rompre » avec cette tradition en développant « un nouveau type de relations, de nouveaux modes d’acquisition des savoirs et de nouveaux modes de diffusion de ces savoirs-là »
Parlant de sa discipline, l’archéologie, Ibrahima Thiaw note que les chercheurs vont sur le terrain pour collecter beaucoup d’informations sur un site donné où les populations locales sont utilisées comme des ouvriers, alors qu’elles en savent beaucoup sur le site en question.
« Elles (les populations) ne savent au fond pas la finalité de toutes ces recherches qui sont généralement publiées dans un ouvrage auquel elles n’auront jamais accès », a-t-il déploré.
« Nous souhaitons nous engager dans un nouveau type de production de savoirs. Mais les modes de diffusion de ces savoirs-là sont tout aussi importants », a assuré l’universitaire sénégalais.ASB/ASG

Pourquoi Bordeaux honore Léopold Sédar Senghor

http://www.jeuneafrique.com/pays/senegal Je suis arrivé en France dans les valises de Léopold Sédar Senghor. C’était son 90e anniversaire. En 1996. Fraîchement diplômé en droit de l’Université de Dakar, j’avais été associé à l’hommage qui lui était rendu par l’Unesco en présentant une intervention dont le thème était : « Léopold Sédar Senghor, le message à la jeunesse ». J’étais loin d’imaginer que je passerais les vingt années suivantes à suivre sa trace, à critiquer son œuvre et à poursuivre sa quête esthétique d’humanisme. Et, surtout, que je vivrais dans une aussi grande proximité physique et intellectuelle avec le calvaire que la guerre mondiale et la situation coloniale lui imposeront.
Travaillant sur la Première Guerre mondiale, dans le cadre de l’exposition Frères d’âme en 2014, lorsque je découvris que Léopold Sédar Senghor avait laissé une trace dans la chair de ma ville d’adoption, je ne pus m’empêcher d’y voir un signe. Que Bordeaux, premier port colonial et port négrier français, qui a joué un rôle aussi important dans la colonisation française du Sénégal, soit aussi la ville que les nazis allemands choisirent pour emprisonner le porte-étendard du combat pour l’émancipation des anciennes colonies africaines, était comme un message d’outre-tombe que le père de l’indépendance sénégalaise nous envoyait.

Et l’ironie du sort voudra que ce soit un professeur allemand, Raffael Scheck, qui découvrit « le manuscrit oublié », un récit de captivité dans lequel Léopold Sédar Senghor raconte ses conditions de détention dans les camps Stalag du sud-ouest de la France. Si nous savions que le recueil de poèmes « Hosties noires » avait été écrit pendant sa captivité, si nous savions l’importance de cet emprisonnement dans sa conscience politique et intellectuelle, très peu d’entre nous arrivions, cependant, à situer ces fameux camps et à établir des liens avec l’histoire particulière entre le Sénégal et la France.

Bordeaux fut au XVIIIe siècle le port de départ d’expéditions négrières, dont il reste des traces dans l’architecture locale. Bordeaux fut aussi le lieu où l’on envoyait en pension de jeunes de l’élite sénégalaise de six ou sept ans pour y faire leurs études. Ce fut surtout le port d’attache des grandes familles bordelaises qui firent fortune au Sénégal, telles les Maurel et Prom ou les Devès, et jouèrent un rôle important au plan commercial mais aussi politique, au point que l’on parla même du « clan des bordelais ».
Des personnalités militaires furent aussi originaires de Bordeaux, tel l’administrateur Henri Gaden, décédé à St-Louis en 1939. On peut aussi rappeler que Bordeaux fut le port de départ des premiers missionnaires qui s’établirent sur la presque-île du Cap-Vert en 1845, avant la fondation de Dakar, ou encore du paquebot Afrique, dont le naufrage, la plus grande catastrophe maritime française, en 1920 fit près de 600 victimes. Enfin, l’École de santé navale et l’Université de Bordeaux formèrent les premières générations de cadres après l’indépendance de 1960. Une importante population originaire du Sénégal habite aujourd’hui la métropole bordelaise où un Consulat Général y représente le nouvel État.

Vulgariser la part oubliée des mondes africains

Il y a donc soixante-quinze ans, le 14 février 1942, le tirailleur sénégalais Léopold Sédar Senghor, fantassin de deuxième classe affecté au 31e régiment d’infanterie coloniale, quitte la prison du Front Stalag 221 de Saint-Médard en Jalles et rentre à Paris reprendre son poste au lycée Marcelin Berthelot à Saint-Maur des Fossés.
En révélant aux autorités locales la trace de Léopold Sédar Senghor dans le patrimoine bordelais, il s’agissait de poursuivre le travail de vulgarisateur de la part, souvent oubliée, des mondes africains à l’humanisme. Et, dans une ville au rapport si singulier avec la mémoire africaine, cette découverte réconcilie, apaise et inspire.
Nul ne peut dire ce qu’a pu ressentir, à l’instant de quitter la Gironde et de retrouver la liberté dans une France occupée, l’homme dont le destin a été si intimement lié à la France et qui a cherché tout au long de sa vie à concilier sa double fidélité à l’Afrique qui l’avait vu naître et lui avait donné cette culture première qui vous marque à jamais, et à cette France qui lui avait ouvert les horizons d’une autre culture, ou plutôt d’autres cultures, qu’il avait su si admirablement intérioriser.
« Vous Tirailleurs Sénégalais, mes frères noirs à la main chaude sous la glace et la mort
Qui pourra vous chanter si ce n’est votre frère d’armes, votre frère de sang ?… »
Mal aimé, incompris et très peu connu par toute une génération de l’Afrique et de sa diaspora postcoloniale, adepte des postures anti-senghoriennes faciles, Léopold Sédar Senghor mérite d’être relu, tant il est vrai que s’il n’y a pas de nègre premier, il ne peut y avoir de nègre second.
Son engagement politique, dans le sillage des mouvements d’émancipation des colonies africaines, est un modèle rare de patriotisme et de démocratie dans un continent ravagé par les guerres et les dictatures. Sa démission en 1981, en dehors de toute contrainte, reste un exemple sans précédent dans l’univers des chefs d’État du 20ème siècle.
L’expérience personnelle de Léopold Sédar Senghor, son œuvre politique, sa poésie et les effets de son idéologie politique sur la construction des Etats d’Afrique dans leurs liens avec la France permettent une réflexion approfondie sur l’éternel combat des peuples colonisés pour de nouveaux rapports avec un Occident dominateur. par Karfa Diallo,Karfa Sira Diallo est un essayiste et consultant franco-sénégalais, fondateur-directeur de l’association Mémoires & Partages. Son dernier ouvrage : « Sénégal-France : Mémoires d’Alternances Inquiètes », L’Harmattan, 2016.

UN ARCHÉOLOGUE PRÉVIENT SUR LES CONSÉQUENCES DE LA DESTRUCTION DU PATRIMOINE DE GORÉE

Dakar, 8 nov (APS) – L’archéologue sénégalais, Ibrahima Thiaw a appelé à la préservation de l’héritage culturel de Gorée classée au patrimoine mondial par l’UNESCO, en alertant sur les conséquences d’une éventuelle destruction des vestiges archéologiques et architecturaux de cette île-mémoire.
« L’île de Gorée doit tout à son patrimoine. Sans le patrimoine, Gorée ne subsiste pas. Et cet héritage culturel que constitue le patrimoine goréen, c’est une ressource qui n’est pas renouvelable », a-t-il prévenu dans un entretien avec l’APS.

Pr Thiaw, responsable du laboratoire d’archéologie de l’IFAN-Cheikh Anta Diop de Dakar qui travaille sur le site de Gorée depuis 2000, ajoute : « Si nous détruisons ce patrimoine, cela veut dire que nous signons l’acte de décès de cette île-là ».

Il a insisté sur la nécessité de valoriser l’île de Gorée qui figure parmi les premiers sites sénégalais classés sur la liste du patrimoine mondial. « Les vestiges archéologiques, les vestiges architecturaux et autres qui constituent le faisceau patrimonial de Gorée, si on les détruit, il ne restera plus rien sur [cette île] », a encore alerté l’archéologue.
Selon lui, « la seule manière de valoriser cet héritage culturel, c’est que dans nos politiques qu’on cherche constamment à éviter la destruction de ce patrimoine qu’il soit archéologique ou architectural ».
De même, a poursuivi Ibrahima Thiaw, « lorsque ce patrimoine est en ruine, il faudra trouver des moyens pour les rénover et faire de sorte que cela ne pose pas de problèmes de sécurité ».
Il a par ailleurs demandé à éviter de construire en détruisant des vestiges archéologiques. « S’il des travaux qui peuvent parfois être nécessaire, la collecte de données devient un devoir. On collecte ces données et on les traite pour qu’elles aillent dans les musées afin qu’elles ne soient détruites de façon irrémédiable », a encore suggéré l’archéologue.
Le responsable du laboratoire d’archéologie de l’IFAN-Cheikh Anta Diop de Dakar dit avoir collecté sur le site de Gorée « des données assez importantes » qui ont permis à son équipe « de développer des lectures un peu plus cohérentes sur ce qu’on savait jusque-là » sur cette île-mémoire.Pr Thiaw a fait part de l’utilisation et de la gestion de l’espace sur la base de vestiges archéologiques pour comprendre « comment l’île a grandi et son rôle dans le commerce atlantique ».

 A l’en croire, « c’est surtout à partir du 18 ème siècle qu’il y a eu un impact très visible du commerce atlantique avec des importations en masse de beaucoup de produits. L’architecture a également beaucoup évolué à partir de cette période-là ». 

« La population de l’île a augmenté très rapidement créant une distance sociale entre les différents groupes. Les choses sont devenues au fur des ans beaucoup plus complexes faisant de Gorée l’un des foyers de créolisation le plus important sur les côtes d’Afrique occidentale », a-t-il expliqué.
« Il y a une très bonne base de données qui a été collectée nous permettant de parler de manière beaucoup plus objective de la vie quotidienne. A travers les vestiges archéologiques, on a pu comprendre mieux le type d’interactions entre les différents groupes raciaux combinées avec une recherche d’archives », at-il fait savoir.
« La maison des esclaves est un vestige important dont nous ne devons pas avoir peur de faire la radioscopie pour essayer de comprendre qu’elle a été véritablement son rôle et sa fonction » dans la traite négrière, a plaidé Ibrahima Thiaw, par ailleurs responsable du Laboratoire d’anthropologie et d’ingénierie culturelle (LAIC) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.ASB/PON

Hausse de 155 milliards FCFA des dépenses de l’Etat à fin septembre 2017

APA-Dakar (Sénégal) Les dépenses totales et prêts nets de l’Etat du Sénégal ont connu une augmentation de 154,6 milliards FCFA (environ 247,360 millions de dollars) à fin septembre 2017 comparé à la même période de l’année 2016, a appris mardi APA auprès de la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE).
Ces dépenses se sont établies à 2054,3 milliards FCFA contre 1899,7 milliards FCFA à fin septembre 2016, soit une progression de  8,1%. « Cette évolution reflète un bon niveau d’exécution des dépenses d’investissement et, dans une moindre mesure, des dépenses courantes », explique la DPEE.

Sur les neuf  premiers mois de l’année 2017, les dépenses en capital sont estimées à 820,7 milliards FCFA, progressant de 12,5% du fait de leur composante financée sur ressources internes (plus 128 milliards), celle financée sur ressources extérieures s’étant repliée 37 milliards. 

Pour leur part, les dépenses courantes sont chiffrées à 1233,6 milliards FCFA. Elles ont progressé de 5,4%, en liaison, notamment, avec les transferts et subventions (410,1 milliards), les charges d’intérêt sur la dette (164,5 milliards) et la masse salariale (454,4 milliards) qui se sont respectivement accrus de 44,7%, 25,8% et 6,9%.
Pour ce qui est des dépenses de fournitures et d’entretien (204,6 milliards), la DPEE avance qu’elles se sont inscrites en baisse de 38,1% sous l’effet de la poursuite des mesures de rationalisation des dépenses publiques.MS/od/APA

Commerce extérieur : Les exportations en forte baisse

https://www.walf-groupe.com Le Sénégal perd du terrain dans la zone économique ouest africaine. Ses exportations ont fortement baissé dans plusieurs secteurs. Rien qu’au mois de septembre dernier, le pays a enregistré un déficit de 150,3 milliards de francs Cfa, selon un rapport de la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee).
Le mois de septembre n’a pas été faste pour les exportations sénégalaises, selon la dernière note de conjoncture de la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee). En effet, il ressort du document que les échanges extérieurs du Sénégal sont marqués par une baisse de 48,2 milliards des importations. Mais également, par une légère contraction de 1,6 milliard des exportations, en variation mensuelle. Ainsi, indique-t-on, le déficit commercial s’est atténué de 40,8 milliards pour ressortir à 150,3 milliards contre 191,1 milliards le mois précédent.

Le document relève, en outre, que le taux de couverture des importations par les exportations s’est établi à 35,1 % en septembre 2017 contre 30,5 % en août 2017, soit une augmentation de 4,6 % sur la période. A cet égard, les exportations de biens sont évaluées à 99,7 milliards contre 101,4 milliards un mois auparavant, soit un repli de 1,6 milliard. A en croire la Dpee, cette situation est, essentiellement, imputable aux produits alimentaires qui ont enregistré une baisse de 6 milliards, aux produits pétroliers qui ont également chuté de 5,7 milliards. En plus de ces facteurs, il a été constaté une baisse de la «préparation de soupe, potage et bouillons» de 2,2 milliards, du ciment de 1,2 milliard et du zircon de 1 milliard de francs.

Par ailleurs, les agents de la Dpee indiquent que la contraction des ventes à l’étranger de produits alimentaires est particulièrement liée aux produits halieutiques. Ces derniers ont enregistré une baisse de 6,6 milliards de francs Cfa. De même, le poids du ciment dans les exportations totales a chuté fortement. Il est passé de 7,9 % à 6,8 % au mois de septembre 2017, soit un recul de 1,1 %. En revanche, souligne-t-on, les ventes à l’étranger d’acide phosphorique, de titane et d’or brut se sont respectivement consolidées de 9 milliards, 3 milliards et 1,1 milliard de francs sur la période. Cependant, il a été constaté que les exportations de ciment et de produits alimentaires se sont repliées de 1,7 et 1,6 milliard sur la période. Concernant les ventes à l’étranger de produits alimentaires, la baisse est essentiellement imputable aux produits halieutiques de 2,2 milliards. Concernant les exportations du pays vers les autres Etats membres de la zone Uemoa, elles se sont établies à 22,2 milliards au mois de septembre 2017 contre 27,8 milliards en août, soit un repli de 5,6 milliards. Et, la part de l’Uemoa dans les exportations totales du Sénégal s’est située à 22,3 % en septembre 2017, soit une diminution de 5,1 %Adama COULIBALY

INFRASTRUCTURES, AEROPORTS, LOGISTIQUES, INNOVATIONS ET DEVELOPPEMENT : LE LABEL «SENEGAL» SOUS SES NOUVEAUX HABITS

http://www.sudonline.sn Dakar, métropole ouest-africaine, c’était avant tout, une histoire d’urbanisme, d’architecture, mais encore d’infrastructures et d’aéroport… Ce fut aussi une histoire de grands projets pour l’Afrique et pour l’exemple. Capitale de l’Afrique occidentale française (Aof), la ville a gardé son mythe. Et, au moment où le pouvoir du Président Macky Sall finit de réaliser et de mettre en service son premier grand aéroport (international Blaise Diagne de Diass – Aibd), rêvé et mis en route par Abdoulaye Wade, un débat prend forme sur l’opportunité ou non de conserver à la fois Diass et Dakar, pour la liberté de mouvement des populations à l’intérieur du pays. Pour l’image du pays, les deux infrastructures ne s’excluent nullement. Blaise Diagne et Léopold Sédar  Senghor,  certains spécialistes sont pour cette option, pour laisser plus de marge de liberté dans le pays.  A compter du 7 décembre, la fermeture de Léopold Sédar Senghor, pour l’autre (Aibd), risque de réduire la vision futuriste d’un label Sénégal qui se construit.  Bâti au cœur d’une brousse, sur les bords de la Petite côte entre le Plateau de Thiès et le Massif de Ndiass, Blaise Diagne est un de ces nouveaux édifices de l’émergence qui devraient permettre de rendre plus attractive, la destination Sénégal. Un pari. Comme pour le Maroc, avec le secteur touristique, celui des transports et de la logistique, le pays semble opter pour une forme de New age  à «vendre» au monde et aux autres continents, avec de nouveaux habits qui ont pour noms: aéroport, infrastructures, logistiques, innovations..

Débat de rupture parce que débat de générations, la question ne sera pas facile à trancher au moment d’ouvrir Diass à la date annoncée d 7 décembre, et de fermer le premier aéroport sénégalais, celui de Dakar au même moment. Pour les spécialistes de l’aéronautique, on n’ouvre pas une infrastructure pour fermer une autre dans un pays qui se dit émergent. Alors, qu’on ne  cherche à fermer  Dakar-Yoff, pour faire seulement, du logement et une cité d’affaires, ces mêmes experts et autres spécialistes des questions d’organisation et d’aménagement de ce type d’infrastructures, pensent que l’idée n’est pas défendable.

Ouverture-fermeture, ce sera aux générations à venir de faire le lien entre ce qui a été dit et ce qui a été fait. Mais pour l’évolution économique et technologique du pays, la prudence voudrait qu’on laisse pour le moment les deux infrastructures fonctionner avec à chacune, sa spécialisation et la promotion de certaines destinations en attendant d’ailleurs que le Train Express régional, contesté par les uns pour son coût énorme estimé à 568 milliards de Fcfa et défendu par le pouvoir, se réalise.
Son histoire pour le Sénégal de la décennie 1990-2000, est née de l’imagination d’un homme, Abdoulaye Wade. Alors ministre d’Etat auprès du Président Abdou Diouf, sans portefeuille ni budget. Nous  sommes en 1995. Le jeune homme sorti de l’Ecole normale William Ponty et des universités au moment de la lutte pour les indépendances, a connu sous le régime du Président Senghor, des espaces d’échanges et de partage d’idées, comme le Bureau Organisation et Méthodes, mais encore et surtout le Club  Nation et Développement dont il a été l’une des éminences grises à l’époque où il était membre de l’Union progressiste sénégalaise (Ups). Arrivé au pouvoir, et un peu avant d’ailleurs, Wade a deux défis majeurs à proposer au pouvoir en place : développer le pays par de grands projets dont un sur l’agro-business et l’autre, par la modernisation de l’aéroport international de Dakar.
Selon lui, il est simplement temps que l’ Sénégal s’aménage un nouvel espace aéroportuaire du coté de  Keur Massar ou Yène.  Wade pensera à une ville nouvelle, (Mékhé Pékesse), mais c’est surtout d’un nouvel aéroport dont il rêve. Il a raison. Senghor ne s’est pas donné les moyens pour. Abdou Diouf, devenu président et vivant des subsides du Fonds monétaire international et de la Banque Mondiale, n’osait plus, avec les politiques d’ajustement structurel, ne savait où donner de la tête.
Pour preuve, l’autoroute Dakar-Thiès, dont les bases, (le tracé, le financement et la mise en œuvre, étaient presque posées sous Senghor dès 1978, ne verra jamais le jour ; abandonnée par le même Abdou Diouf, dès son arrivée au pouvoir en 1981. La suite est connue ; avec un pays qui gèle tous ses grands projets pour rester en survie comme un condamné. Toute une génération de jeunes cadres sénégalais en feront les frais s’ils ne choisissent pas simplement le chemin de l’immigration économique.

L’INFRASTRUCTURE AU CENTRE D’UN REVE : Un pays à reconstruire à la vitesse «Grand V»

Tout reconstruire à la vitesse « Grand V », Voilà le but au début des années 2000. C’est dans ce contexte que surgit Wade avec ses idées, ses rêves et ses convictions. Il nous reçoit avec notre confrère Bocar Niang, de Sud Quotidien, pour l’époque, dans ses bureaux derrière l’actuel siège du Premier ministre.
Pour son propos liminaire, le discours est limpide et direct sur le rôle et la place de l’infrastructure dans le développement. Très à l’aise dans son costume sombre, dans un bureau presque de président, il prend la place de son conseiller, Chérif Salif Sy qui devrait nous recevoir et regrette déjà qu’au même moment où le Sénégal ne fait rien, la Côte D’Ivoire, est entrain de moderniser avec, une société bordelaise, l’aéroport d’Abidjan.
L’année 1995, se termine par ces constats du ministre d’Etat ; et le Sénégal, ne donne aucun signe, malgré le soutien du président Diouf que revendique Wade, pour la réalisation désormais nécessaires de telles infrastructures dans le pays. L’escale de Dakar forte de son aéroport et de l’omniprésence des compagnies Air Afrique et Air France, qui occupent sans partage l’espace, ne pensent pas à la modernisation de l’aéroport. Tout semble nickel et de plus en plus de grandes compagnies continentales, arrivent comme Kenya Airways, Ethiopian Airlines, les vols touristiques avec Nouvelles frontières etc.

Wade en homme pressé. Son arrivée au pouvoir bouscule tous les interdits. Et voici le Sénégal qui s’annonce sur le chemin de l’émergence. C’est une fois au pouvoir en 2000 et à partir de mai 2005, que le nouveau président comme poussé par un réveil subit sorti d’un rêve, se lance dans ses chantiers à lui. Plus tout à fait fringant comme du temps de ses années, de doyen de faculté,  celui qui prend de l’âge, n’a rien oublié. Et, le voilà qui veut d’une nouvelle autoroute. Pour lui, celle de 1952 est dépassée et il faut passer à autre chose. Devant les représentants des bailleurs de fonds présents au Sénégal, il lance, via son premier ministre Macky Sall, en disant sur les ondes : « Je vais mettre le pays en chantier… »

Des chantiers en vrai, les Sénégalais qui ne connaissaient des infrastructures que dans le logement, les routes,  ponts et passerelles  découvrent tout d’un coup, une gigantesque aire de gravats et de béton : l’autoroute à péage. Entretemps, est née l’Agence pour la promotion des Grands travaux et de l’Investissement (Apix). Exit l’ancienne direction des travaux publics. Là, on parle désormais pour adapter le discours, de partenariat public-privé, de coopération économique internationale et un ministère est né qui va même porter le projet et en son sein, naîtra l’idée d’Anoci avec à sa tête Karim le fils de Wade.

BLAISE DIAGNE ET LEOPOLD SENGHOR : Deux gros ouvrages en même temps

Sortir des complexes d’une autre époque et montrer qu’on sait aussi faire mieux que les autres, voilà l’idée du président. Et, en dépit des contingences au plan mental et économique qui vont surgir au sein même de son attelage gouvernemental et au cœur de ses alliés, Wade croit dur comme fer qu’on peut faire les mêmes choses que les sociétés les plus développées au monde pourvu qu’on y croit. Cela lui donne des ailes et il faut faire son aéroport en moins de dix ans entre 2006 et 2012. Le pari est trop risqué vu l’immensité du travail, mais encore les moyens qu’il faut mobiliser et tout le reste… en 2012, pour montrer qu’il a réussi son premier pari, le voilà qui n’hésite pas à y poser un avion, un soir.
Wade, un homme qui a la dent dure… Aujourd’hui c’est cet aéroport terminé par son successeur Macky Sall, au nom de la continuité de l’Etat, que le Sénégal réceptionne. Mais, cela doit-il rayer de la carte aéronautique, l’aéroport international de Dakar à qui lui-même (le même Wade) a donné le nom de Léopold Sédar Senghor pour la postérité après le décès de ce dernier en 2001. Blaise Diagne contre Senghor…Blaise Diagne et Senghor… Le débat est autour des deux illustres disparus dont le nom a été collé à chacune de ses énormes infrastructures.

DAKAR-YOFF : Un aéroport à part sur le continent…

Heathrow et Londres en même temps, ce sont deux aéroports pour une seule te même ville. Orly et Roissy-Pôle,  deux autres grands aéroports pour la ville de Paris, cela s’est fait. Pourquoi Dakar ne saurait conserver sa seule et unique infrastructure du genre. Loin de la comparaison, il semble que dans les processus de développement, l’on voit rare se construire des infrastructures dans un pays pou remplacer un autre en fonctionnement pour une simple question de récupération des terres




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