Message de la Commission de l’UEMOA au Sénégal a l’occasion de la Celebration du Mois dedie a la Femme et aux droits des femmes 2021

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Le thème de l’année 2021, « Leadership féminin : Pour un futur égalitaire dans le monde de la COVID-19» appelle une égalité de chance pour tous les êtres humains et invite à une synergie d’actions de tous les acteurs, tant les défis sont grands et les espoirs légitimes.

En termes de défis, selon une analyse de Plan International, en 2020, 132 millions de filles âgées de 6 à 17 ans sont encore privées d’école dans le monde. En effet, 1 fille sur 4 ne va pas à l’école dans les pays en développement ;
Près de 120 millions de filles dans le monde, soit 1 fille sur 10 de moins de 20 ans, ont été confrontées à la violence sexuelle ; 63 % des adultes analphabètes dans le monde sont des femmes.

Selon l’organisation Oxfam, dans le monde un milliard de femmes, soit une femme sur trois, subiraient une forme de violence au cours de leur vie, victimes de viols, violences conjugales, humiliations et discriminations de tout genre. A cela s’ajoutent des millions de femmes qui croulent sous le poids des travaux domestiques et sous la menace des sanctions sociales.

Quel avenir pour ces femmes dans le contexte inédit de la crise à coronavirus qui en quelques mois, a montré les limites des systèmes de production et de commercialisation les plus développés, faisant reculer fortement la croissance mondiale ?
Une crise dont la gestion a révélé des défis redoutables, des conséquences désastreuses sur la maitrise des systèmes sanitaires, sociaux et économiques, occasionnant des centaines de milliers de morts à travers le monde, plongeant des millions d’individus dans la pauvreté et fragilisant davantage les couches sociales les plus vulnérables dont les femmes.

Pour toutes ces femmes, nous nous accordons le droit d’imaginer une société plus clémente, sans violence, dans laquelle elles ont les mêmes chances que les hommes d’accéder à une éducation de qualité, à un travail décent et à une juste rémunération et leurs efforts. Nous rêvons également d’une société dans laquelle la parole libérée dénonce, apaise et protège les plus faibles, une société dans laquelle les femmes jouissent pleinement du revenu de leur labeur et des droits qui leur sont conférés par la religion ainsi que les dispositions légales et réglementaires..

Pour rappel, en termes de droits, l’accès à l’instruction, le droit de vote et l’éligibilité, ont été complétés par 12 actions prioritaires en faveur de l’égalité des chances, définies dans la Déclaration et le Programme d’action de Beijing de 1995, reprises par des Organismes régionaux, sous-régionaux ou des dispositions nationales (CEDEAO et UEMOA pour l’Afrique de l’Ouest) dans le but de conférer un rôle d’avant-garde aux femmes.

Mais le quotidien des femmes rappelle que ces dispositions n’ont pas abouti à une prise en charge rassurante de leurs conditions, plaçant conséquemment la lutte pour les droits de femmes au rang des leitmotivs pour un changement de paradigme de la structure sociétale et pour un équilibre prospère et pérenne des rapports de forces.

En Afrique comme dans tous les pays du monde, la mobilisation pour cette prise conscience, à la fois individuelle et collective, est effective, bien que perfectible.

Aujourd’hui, de plus en plus de femmes africaines, dans toute leur diversité et avec une légitime fierté, œuvrent pour jouer leur partition en tant qu’actrices majeures du développement et de la croissance économique du continent, dans un environnement marqué par le défi de la crise sanitaire qui a accentué les inégalités structurelles et les dommages socioéconomiques dont elles se font l’écho.

Dans ce contexte de tension sanitaire, elles œuvrent pour se faire distinguer par leur leadership, aussi bien dans le domaine de la santé où elles sont majoritaires que dans l’entreprenariat, nonobstant leur accès limités au crédit bancaire.

En effet, les femmes africaines ont incarné des histoires de réussites dans le monde des start-up et des PME qui constituent un important vecteur d’autonomisation. Leur domaine d’excellence est principalement l’agro-industrie, avec une bonne maitrise des chaines de valeur pour pallier les déficits des systèmes traditionnels d’approvisionnement, fortement impactés par la crise.
Comme référence, nous pouvons citer quelques femmes leaders en Afrique de l’Ouest qui incarnent la résilience face à la crise sanitaire :
Anta Babacar Ngom, Directrice générale, Sedima, dans le domaine de la volaille au Sénégal,
Isseu Diop Sakho, Promotrice de Mburu, spécialisée dans la commercialisation des céréales locales et la vente de pain au Sénégal,
Kante Coulibaly Fanta, Gérante de DISTRIPREST, spécialisée dans la transformation des produits alimentaires et cosmétiques 100% naturels en Côte d’ivoire,
Zeinabou Maidah, PDG de Niger-Lait, spécialisée dans la production de produits laitiers et dérivés à forte valeur nutritionnelle,
Simone Zoundi/Kafando, Promotrice de la Société d’exploitation des produits alimentaires (SODEPAL), spécialisée dans la transformation des produits locaux en complément alimentaire.

Dans le sillon de ces « success stories », l’avenir des femmes africaines devrait parallèlement s’inscrire dans des activités structurantes favorisant l’amélioration de l’écosystème du monde des affaires (numérique, assurances, transports, banques, recherche scientifique etc.) et dans la recherche de financements innovants pour s’assurer un futur égalitaire.

En outre, la tendance enregistrée par le Global Entrepreneurship Monitor (GEM), selon lequel « le continent africain affichait le plus fort pourcentage au monde de femmes entrepreneures, avec un taux d’entrepreneuriat féminin en Afrique subsaharienne qui représente 25,9 % de la population féminine adulte», devrait se renforcer, notamment avec l’appui des initiatives qui concourent à l’amélioration des performances entrepreneuriales.

A titre Illustratif, en Afrique de l’Ouest : l’Initiative Tremplin UEMOA, qui encourage l’innovation en entreprise, à travers un accompagnement de start-ups innovantes, en vue de la diversification du tissu économique de l’espace communautaire et les initiatives engagées par l’Association des Femmes de l’Afrique de l’Ouest (AFAO), organisation régionale de femmes de la CEDEAO, mécanisme de concertation de plaidoyer, de lobbying mais aussi d’actions concrètes pour la promotion du statut économique de la femme en Afrique de l’Ouest.
Sur le plan international, il convient également de citer l’AFAWA (Affirmative Finance Action for Women in Africa) lancée par la Banque africaine de développement pour favoriser l’accès des femmes au financement en Afrique et Investisseurs et Partenaires initié par la Banque mondiale qui accompagne les femmes africaines dans leur projet de croissance et de développement.

Toutes ces initiatives renforcées par des structures de renforcement des capacités des femmes africaines, comme VIZEO Communications basé en Côte d’Ivoire, ou Women’s Investment Club (WIC), amènent à comprendre que la persistance des inégalités de genre n’est pas irréversible et ne devrait pas être aggravée par la crise sanitaire qui, paradoxalement, pourrait apporter plus d’opportunités et d’espoir aux femmes.

Aujourd’hui plus que jamais, les femmes africaines doivent s’inscrire dans la conquête de nouveaux espaces d’expression de leurs talents et participer ainsi aux processus décisionnels dans tous les domaines de la vie sociétale aux cotés des hommes, en particulier aux processus économiques et à la construction inclusive de leurs environnements, pleinement conscientes de leurs responsabilités individuelles, familiales et collectives.

En addition, les inégalités structurelles se corrigent par un engagement renouvelé en faveur de la jeune fille et de la femme dans le sens de l’atteinte des Objectifs pour le Développement Durable (ODD 4, 5, 8 et 10), relatifs à l’éducation de qualité, à l’emploi et à la réduction des inégalités. Elles se corrigent également à travers les réponses contenues dans les plans de riposte sanitaires qui, pour la plupart, placent les femmes et les filles au cœur de leurs activités.

Toutes ces actions combinées contribuent à la mise en œuvre d’axes prioritaires identifiés pour accompagner le leadership féminin pour un futur égalitaire dans le monde de la COVID-19, et se résument en 6 points :
la protection et la prise en charge sanitaire, psychologique et sociale des femmes face à la crise sanitaire,
l’éducation de toutes les jeunes filles à la base,
l’alphabétisation des femmes,
l’application des lois et textes votés en faveur des femmes,
l’amélioration de l’environnement familial, social, politique et économique en faveur des femmes,
l’accompagnement financier et technique des femmes pour favoriser l’accès aux investissements et l’exploitation de leurs potentialités en toute sécurité dans un monde équitable.




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