8éme Congrès Ordinaire du Syndicat National des travailleurs de Sonatel : LE RAPPORT D’ACTIVITES DU SECRETAIRE GENERAL (Sortant)

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Ce jour samedi 16 octobre 2021 à Dakar, nous voici au 8éme Congrès ordinaire du Syndicat des travailleurs de Sonatel, (SYTS) conformément à ses statuts et règlements.

Le SYTS a pour but :

– De défendre les intérêts matériels et moraux des membres (travailleurs actifs et retraités) ;

– De réunir et d’organiser tous les travailleurs dans les sections syndicales d’entreprise pour l’amélioration de leur condition de vie et de travail ;

– De participer de manière effective et efficace à la protection des intérêts de l’entreprise.

– D’affirmer et de faire respecter la dignité du Mouvement Syndical Africain en général et Sénégalais en particulier dans la lutte pour le respect des libertés syndicales démocratiques et le progrès social.

Le SYTS est affilié la Centrale syndicale nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS) Il s’inspire dans sa doctrine et dans son orientation, de l’idéologie de la CNTS, dont il approuve et soutient le programme sur le plan économique, social et culturel, qu’il estime conforme aux intérêts des travailleurs et de la population du Sénégal.

Il insère son action dans celle du peuple Sénégalais pour la sauvegarde et la consolidation de son indépendance politique et pour sa promotion économique, sociale et culturelle.

Il lutte également contre toutes formes d’oppression, d’exploitation et tous les monopoles pour la collectivisation des moyens de production et pour la répartition équitable du revenu national.

Le SYTS œuvre pour le renforcement  de l’amitié et de la coopération entre tous les travailleurs et les organisations syndicales du monde entier, selon le principe de la solidarité syndicale Internationale.

Le Congrès est l’instance suprême et souveraine du SYTS et se réunit une fois tous les quatre ans sur convocation du comité exécutif.

Sont membres du comité exécutif, ceux du Bureau National élus ainsi que tous les délégués des sections syndicales d’établissement du SYTS.

Lors de ce Congrès, un nouveau Bureau National, sera élu pour un mandat de 4 ans.

Le Secrétaire Général est élu pour un mandat de quatre (4) ans renouvelable une seule fois au suffrage universel direct.

Les modalités de son élection sont définies par un code électoral  et qui sont validées par le comité exécutif du SYTS.

A l’exception du Secrétaire Général qui est désigné par les militants avant la tenue du Congrès, tous les autres membres du bureau National sont élus lors de ce Congrès ordinaire.

Nous revendiquons d’être une organisation syndicale démocratique dans laquelle des opinions contradictoires ont droit de cité. Le jour où les différents points de vue ne pourront plus s’exprimer au sein du SYTS, nous ne serons plus le SYTS que nous ont légué nos anciens.

Nous avons hérité un SYTS de débat, de respect mutuel entre militants et camarades dans la conduite de nos discussions en instance.

Il y a pas d’interdit pour y prendre des responsabilités, il y a seulement la nécessité de respecter les règles établies par nos statuts et notre règlement intérieur  validés par le dernier congrès de septembre 2016.

Pour ma part, je suis à mon deuxième et dernier mandat et le jour est venu de céder le poste de Secrétaire Général à Mouhamadou Lamine Badji plébiscité par les militants du SYTS lors d’un vote électronique.

La transition est un enjeu crucial pour la survie du SYTS. Permettre aux jeunes de prendre leur place avec une formation continue et de s’enrichir de l’expérience des plus anciens, leur donnera véritablement la possibilité de s’engager. Les responsables syndicaux passent mais le syndicat SYTS doit rester et demeurer plus fort. Le défi  essentiel c’est celui de la transmission et du renouvellement de l’expérience syndicale.

La réactualisation des comités jeunes, cadres et femmes sera un défi à relever car il faut le dire depuis quelques années à cause de mésentente concernant les femmes et de manque de mobilisation et d’engagement des cadres et jeunes, un dysfonctionnement a été noté pour l’ensemble de ces dits comités.

Notre démarche syndicale appuyée sur les syndiqués doit permettre l’intervention des salariés à toutes les étapes à partir des repères du SYTS, construits collectivement.

Faire en sorte que nous puissions articuler en permanence, contestation, propositions, consultations, mobilisation et négociation. Avec les travailleurs de Sonatel, nous sortir de la défensive et de la résistance auxquelles le patronat souhaiterait nous acculer.

Nous avons une urgence : celle de transformer le travail dans toutes ses dimensions, avec une répartition plus juste des richesses et une nouvelle mode de production pour un développement humain durable.

Et c’est à nous de nous adapter pour écouter ce que les salariés, ont à nous dire et construire avec eux leurs revendications pour leur permettre d’intervenir sur leur quotidien de travail et participer à la transformation de la société.

Les aspirations des salariés à pouvoir s’exprimer librement dans leur travail, à faire un travail de qualité, avoir un travail reconnu et leurs conditions de travail améliorées, sont en soi des leviers de transformation sociale.

Chers camarades,

Suite à notre réélection au poste de Secrétaire Général du SYTS  pour un deuxième mandat lors du Congrès de septembre 2016, nous nous sommes évertués  de mettre en application ses recommandations.

C’est ainsi que les élections des délégués du personnel en 2017, ont été des moments de forte mobilisation permettant à notre syndicat de sauvegarder sa place de plus représentatif au sein de l’entreprise.

C’est le lieu aussi de saluer, la dynamique intersyndicale (SYTS/SNTPT) qui a permis de mener des actions syndicales communes et qui ont abouti à des acquis appréciés par tous.

L’intersyndicale est bien une réalité à Sonatel. Peut-être que le moment est venu de faire des pas en avant et de s’engager vers une formalisation de cette unité syndicale tant rêvée par nos militants respectifs.

Concernant la rémunération,

Avec le protocole d’accord concernant le dispositif d’intéressement du Projet d’entreprise 2013-2016, chaque salarié permanent de sonatel Sénégal, a pu acquérir un portefeuille d’actions de cinq cents actions en 2017. Finalement en accord avec la Direction Générale, nous avons pu obtenir un prêt de dix millions à chaque salarié permanent dont les dividendes annuels des 500 actions obtenues et conservées puissent solder le dit prêt sur une période de 15 ans.

Suite au dépôt d’une plateforme minimale en Juin 2017, un déplafonnement de la prime de rendement est acquis avec un passage de 13% à 15% de la masse salariale.

En juin 2018, dans le cadre de la négociation triennale, les accords suivants, ont été conclus :

_10% augmentation salaire de base

_15% augmentation de la prime de responsabilité

_15% augmentation de l’indemnité de fonction

_15% indemnité de logement

_15% indemnité kilométrique

_15% indemnité de transport

_15% augmentation de la prime gérance

_20% augmentation de la prime de conduite

_25% prime de sujetion.

_25% de la prime de langue

Et une augmentation de 50.000f de la prime scolaire pour un montant total de la dite prime de 300.000f payés un mois avant l’ouverture des classes.

Il faut rappeler la mise en place du Comité de dialogue social au nom de la performance et de la pérennité de notre entreprise.

Nous sommes tous conscients (Direction Générale / organisation Syndicale) que la seule constante reste et demeure la pérennité de notre entreprise.

Ainsi, instaurer un climat social et o-construire,  deviennent un impératif pour la prévention de conflits sociaux qui ne s’accommodent pas avec la performance socio-économique.

Lors du Congrès de la CNTS en fin 2018, le SYTS est nominé comme étant l’un des syndicats le plus performant en acquis salariaux des  affiliés de la centrale syndicale durant les quatre années précédentes.

En fin 2019, une plateforme minimale est introduite en parallèle à la demande d’une prime d’intéressement du projet d’entreprise horizon 2022.

La signature d’un protocole d’accord, donne aux salariés une prime d’intéressement nette de 1million 500 mille par an, si objectifs négociés de 6 indicateurs sont atteints sur la période du projet d’entreprise de 2020 à 2022.

Pour l’année 2020, les objectifs sont atteints et la prime est déjà payée.

La vieille doléance d’intégrer nos collègues de la Fondation aux accords collectifs de Sonatel  et qui était aussi un des points de la plateforme minimale,  est devenue une réalité depuis la signature du protocole d’accord en aout 2020.

Nous pouvons noter aussi à notre actif dans le cadre de l’amélioration continue du pouvoir d’achat des salariés de Sonatel, la transformation du prêt Tabaski en prime religieuse depuis la signature du protocole d’accord de la négociation triennale de 2015.

Augmentation des salaires du secteur privé,

La décision de la commission mixte paritaire chargée de mener les négociations pour la revalorisation des salaires catégoriels dans le secteur privé, lors de sa session tenue le 10 décembre 2019, a pris la décision ci-dessous :

_8% de la 1ere à la 3eme catégorie,

_5% de la 4eme à la 8éme catégorie (agents de maitrise, techniciens assimilés, cadres, ingénieurs)

Comme par le passé, nous attendions à une application sans réserve la décision de la commission mixte paritaire nationale mais à notre grande surprise, la Direction nous rétorque que notre entreprise n’est pas dans le périmètre de la revalorisation des salaires catégoriels dans le secteur privé vu que Sonatel a des salaires catégoriels plus favorables que les grilles salariales revalorisées.

Et ensuite, la Direction Générale de vouloir nous rappeler ce que nous savons déjà que nous devons aller vers des négociations triennales salariales en octobre 2021.

Cette attitude de la nouvelle Direction, nous a obligé de lui adresser une requête pour application sans réserve en mettant en copie la Direction Générale du Travail et le Haut Conseil du dialogue social.

En date du 17 novembre 2020, la décision est prise par l’intersyndicale de déposer une plainte auprès de la Direction Générale du travail pour application de la décision d’augmentation de salaires dans le secteur privé.

Après plusieurs séances de conciliation à la Direction du travail sans accord, nous avons obtenu un quitus de non conciliation.

Finalement, l’intersyndicale a préféré mettre cette doléance en veilleuse histoire de bien préparer la négociation triennale d’octobre 2021.

Il faut noter que la crise sanitaire de la Covid19, à l’instar des organisations syndicales du monde entier, a beaucoup impacté l’activité normale de notre syndicat avec surtout le télétravail à outrance.

La mobilisation devient à la limite impossible, et même les rassemblements de la traditionnelle commémoration de la fête internationale du 1er, (2020/2021) étaient annulés à cause des distanciations physiques  imposées par cette pandémie de covid19.

Au titre des postes de responsabilité,

Nous pouvons noter que les salariés actionnaires sont représentés au niveau du Conseil d’administration par notre camarade Secrétaire Général adjoint Achirou Ndiaye contrairement à la tradition de voir un SG à la place.

Ce fait est facilité par mon refus de postuler pour permettre de changer les habitudes au profit du partage des représentations.

Il faut dire aussi que les salariés sont lésés avec une seule représentation au niveau du fait de leur statut d’actionnaire et non salarié tout court.

Ailleurs au sein des conseils d’administration  des entreprises Sénégalaises et même au niveau du conseil d’administration d’Orange notre partenaire stratégique, les salariés sans leur manteau d’actionnaires, sont représentés au Conseil d’administration en plus du représentant actionnaires actifs et retraités.

Sans nul doute que le nouveau Bureau National étudiera cette problématique et trouvera les moyens syndicaux de combattre cette injustice de représentation au Conseil d’administration de Sonatel.

 

Au niveau du comité exécutif UNI Africa femme, notre camarade Oulimata Dieng est membre titulaire.

Au niveau de la Fondation, au nom du SYTS j’y représente le SYTS et l’ensemble des salariés de Sonatel depuis 2018.

Le SYTS est bien représenté au niveau du Conseil de surveillance de notre Fonds Commun d’épargne et de Placement avec 4 camarades membres sur 6 de l’intersyndicale.

Au niveau du Conseil de surveillance de la mutuelle santé des retraités, sur 3 membres de l’intersyndicale le SYTS a en deux.

A l’échelle national, à la suite du dernier Congrès de la CNTS en 2018, le SYTS occupe la 8éme place au poste de SG adjoint.

A la date du 22 décembre 2017, sur proposition du SG Mody Guiro SG de la CNTS, coordonnateur de la coalition des centrales syndicales du Sénégaal et Président de la CSI Afrique, je fais partie du groupe des 4 points focaux nationaux désignés par arrêté du Ministre du Travail, chargés d’assurer la promotion et l’application de la Déclaration sur les entreprises multinationales et la politique sociale.

Nous avons un point focal représentant le Gouvernement, un point focal représentant les employeurs, un point focal représentant le HCDS et moi-même pour la représentation du  groupe travailleurs.

Avec  l’assistance et le suivi de l’expert  du BIT Mady Diagne, nous avons participés à des formations avec d’autres représentants syndicaux de la CNTS et des centrales syndicales sœurs.

Notre camarade Maurice Ndong a même participé à une de ces formations.

A l’international, je suis membre du Comité Groupe Monde suite à ma reconduction en Mai 2018 pour un mandat de 4 ans.

En Mai 2019, les membres du CGM m’ont désigné pour une représentation au Conseil d’administration d’Orange en tant qu’observateur.

Au niveau de la Fondation du Groupe Orange, je suis copté au titre des salariés permanents du groupe pour siéger à son conseil d’administration en Début 2018 suite au retrait du doyen Président d’honneur Aidara Diop qui occupait le poste.

 

L’avènement des projets de transformation

Concernant les projets de transformation, de sous traitance ou d’externalisation au niveau du groupe Sonatel/Orange, un comité paritaire est officialisé par le Directeur Général depuis mi année 2020.

Cette instance est un cadre d’échange des projets de transformation avant toute mise en œuvre.

Elle permettra à la Direction Générale de faire un point régulier sur les projets et permettre aux partenaires sociaux de donner leurs avis, suggestions et amendements.

 

Partenaire stratégique de France Telecom  à Orange

Pour rappel des années 1996-2000,

France Telecom société de l’Etat Français, symbolisait en partie la puissance d’ex-colonialiste vis-à-vis des pays africains indépendants et sous-développés. France Telecom avait partout décliné l’offre du savoir-faire et de l’expertise dans le domaine des télécommunications pour un partenariat gagnant-gagnant entre des pays souverains et une multinationale société d’Etat de la France.

Ce partenariat, est synonyme pour ces jeunes pays en voie de développement, une opportunité de s’adosser sur France Telecom opérateur historique de la République Française pour booster et développer  le secteur névralgique et de souveraineté que sont les télécommunications.

Cependant, en faisant l’analyse et l’impact des différents projets et plans stratégiques de la multinationale France Telecom/Orange  destinés à ses partenaires et filiales, on se rend compte que l’accent est plus mis sur la rentabilité court-termiste et une maximisation à outrance des profits de la maison mère. Pour résorber le gab d’endettement de France Telecom des années 2010-2015 un plan stratégique « Conquête2015 », est élaboré avec des projets d’externalisation et de mutualisation sont mis en branle en contradiction totale à l’offre de départ.

En 2013, France Telecom est rebaptisée «Groupe Orange»

Ainsi, Orange considérée comme partenaire stratégique pour  accompagner les pays de présence en voie de développement et ex colonie, déroule paradoxalement des projets d’externalisation à l’image du GNOC en vue de confier la gestion des réseaux techniques à des équipementiers comme Huawei ou Ericsson.

En début année 2018, OMEA est créée et notre ancien DG Alioune Ndiaye est nommé à la tête de cette filiale 100% Orange.

Comme une presse agrume, Orange opérateur historique de France, revient sous un autre schéma stratégique avec OMEA dans le programme «Kilimandjaro »  pour dérouler des projets d’externalisation de ses clusters dont elle ne détient pas la totalité du capital vers ses propres filiales.

C’est ainsi que BAFO dénommée récemment Djoliba entité de mutualisation verra sa gestion confiée à OINIS filiale 100% d’Orange avec son siège à Dakar.

Au Sénégal, en Côte D’ivoire et au Cameroun des filiales Oranges Finances Mobiles (OFM) sont créés.

A l’image de la relation BAFO et d’OINIS, les OFM mutualisées de ces pays au sein d’OMEA seront plus tard sous la coupole d’Orange Banque.

Actuellement Orange banque a obtenu son autorisation pour exercer ses activités en Afrique de l’Ouest.

Et avec la holding d’OMEA, certainement une cotation boursière régionale ou continentale en projet, se réalisera bientôt en mettant en péril la cotation boursière des sous-groupes comme Sonatel cotée à la BRVM d’Abidjan depuis plus de deux décennies.

 

Carte de visite du partenaire stratégique France Telecom /Orange

A-Historique

Avant 1988, les Postes, télégraphes et Téléphones ou PTT étaient l’administration publique française responsable des postes et des télégraphes  et des téléphones. C’était une administration d’Etat relevant du ministère des PTT.

Les télécommunications françaises étaient sous la responsabilité de la Direction Générale des télécommunications.

Pour répondre à une directive européenne de mise en concurrence des services de télécommunications la dite Direction est renommée « France Telecom »  après l’éclatement des PTT en deux entreprises publiques : La Poste et France Telecom en 1990.

On peut rappeler que le Sénégal avait déjà réalisé dès 1985 l’éclatement de l’OPT en deux entités :

_OPCE  (Office des Postes et de la Caisse d’Epargne)

_Sonatel  (Société Nationale des Télécommunications

En 1996, transformation de France Telecom société d’Etat en Société anonyme avec Conseil d’administration.

  • En 1996 _Groupe France Telecom acquiert deux licences d’opérateur de télécommunications en Afrique et précisément en Côte D’Ivoire et au Madagascar.
  • En 1997 _ partenaire stratégique de la Sonatel opérateur historique suite ouverture de son capital : 33,3 puis rachat de 9% supplémentaires en 1998 pour détenir enfin 42,3%

Ces acquisitions et partenariats de la période 1996/1997, seront le point de départ  de la présence de France Télécom /Orange en Afrique.

B-Plan stratégique de France Telecom/Orange de 2005 à 2025

Suite acquisition de la marque Orange en 2000, France Telecom est devenue le « Groupe Orange » en 2013 et compte en Afrique 18 filiales en 2019.

En 1997, France Telecom est soumise à une ouverture de son capital par l’Etat Français et une privatisation partielle en 2004.

En 2005, mise en place du Plan Next de France Telecom avec à sa tête Didier Lombard PDG.

Ce Plan avait pour objectif de lutter contre le fort endettement de la multinationale.

Pour atteindre l’objectif, le Plan préconise la mise en place d’un management agressif.

C’était la série des suicides au sein de France Telecom. Sous forte pression managériale,  trente-cinq salariés mettent fin à leur jour durant la période 2008-2009.

Sylvie Catala, inspectrice du travail remet au parquet un rapport dénonçant une « mise en danger d’autrui du fait de la mise en œuvre d’organisation du travail de nature à porter des atteintes graves à la santé des travailleurs » et des méthodes de gestion caractérisant le harcèlement moral.

Avril 2010, le parquet de Paris ouvre une information judiciaire pour «harcèlement moral » à la suite d’une  plainte déposée par le syndicat SUD.

Didier Lombard démissionne, sous la pression du ministre du travail.

Son successeur  Stéphane Richard dans une démarche novatrice de « co-construction » avec les salariés, lança à l’époque le Plan stratégique « Conquêtes 2015 »

Ce plan s’appuie en particulier sur les leviers que sont l’amélioration de l’expérience Client et des systèmes d’information, le développement du partage de réseaux, la mutualisation des plateformes de services et l’optimalisation des synergies.

En 2017, le Plan « Essentiels 2020 » est déployé en France et au niveau de ses clusters.

Pour la zone Afrique Moyen Orient, une nouvelle entité appelée OMEA est mise en place en avril 2018 par le Groupe Orange, sous l’autorité de l’ex DG de sonatel  Alioune Ndiaye (CEO).

Un programme baptisé «Kilimandjaro» est mis en branle par OMEA dont l’objectif déclaré est de mutualiser les entités de ladite zone.

Dans la mise en œuvre  du programme Kilimandjaro, nous constatons deux schémas liés :

A_ Un schéma de mutualisation  au niveau de l’Afrique de l’Ouest avec  l’entité Backbone de la fibre de l’Afrique de l’Ouest (BAFO)

Cette entité de mutualisation a pour objectif de :

_Mutualiser les assets (atouts) et l’expertise des partenaires

_Développer des synergies et des économies d’échelle.

_Offrir aux partenaires et non partenaires des services de qualité.

A noter que BAFO ne s’ingère pas dans la gouvernance des filiales du groupe Orange.

Le capital du BAFO est le fruit d’un partenariat de trois structures :

1_ La filiale d’Orange WIN (Wholesale, International § Networks)

2_ Orange Côte D’Ivoire

3_ Et Sonatel

Concernant WIN filiale 100% à Orange, c’est en mai 2019 que la décision de la création d’une division a été prise par le Top management d’Orange.

WIN a pour ambition de devenir un hub sous régional intégré et unifié proposant des offres de connectivité enrichies à tarifs compétitifs.

Son objectif  est de mettre en place une structure de gestion efficace des réseaux Backbone en Afrique pour permettre la croissance des réseaux du groupe Orange afin de permettre la croissance des revenus wholesale (commercialisation auprès des tiers) tout en conservant pour le groupe, la maitrise des décisions d’investissement clés dans le réseau.

WIN a pour mission d’opérer les activités de vente en gros, de développer ce business et d’améliorer les marges. Elle procède également aux opérations d’achat de gros dans les pays ou Orange ne possède pas d’infrastructures ainsi qu’en France auprès des opérateurs de Réseaux d’Initiative Publique.

L’activité de WIN est le troisième pilier stratégique du groupe Orange et représente environ 20% de son chiffre d’affaires.

Nous assistons actuellement dans quelques pays d’OMEA (Sénégal, Cote d’Ivoire, Cameroun)  la mise en place effective suite autorisation de la BCEAO, d’entités Orange Finance Mobile (OFM)

 

Il faut dire que la gestion technique de BAFO (mutualisation) sera confiée à OINIS (Orange International Networks Infrastructures and services) filiale détenue à 100% par Orange.

OINIS a pour mission de concevoir, planifier, déployer et exploiter les réseaux internationaux de longue distance (backbone – câbles sous-marins) ainsi que les infrastructures des systèmes d’information d’Orange.

Début décembre 2019, le groupe Orange lance le Plan stratégique «Engage2025»

Ce Plan horizon 2025 décline les nouvelles ambitions du Groupe Orange en se fondant sur les Plans stratégiques précédents que sont : «Conquêtes2015 » et « essentiels2020 »

« Engage2025 » a comme priorité d’accentuer la croissance dans les zones d’espoir comme OMEA.

En 2018 environ 30% de la croissance du chiffre d’affaires du groupe Orange sont acquis dans la zone OMEA.

A noter que Orange money avec plus de 45 millions de clients dans 14 pays africains, représente à elle seule  8% des revenus CA.

Voilà un peu la synthèse des différents plans stratégiques de notre partenaire Orange ex France Telecom.

Chers inivités nationaux et internationaux,

Chers camarades Congressistes,

Je ne saurai terminer mon rapport sans faire allusion au thème de notre Congrès « Télétravail, Problématique de l’emploi »

Sans nul doute, que le numérique est devenu la véritable révolution du 3éme Millénaire.

Pour la première fois depuis la révolution industrielle ; la diffusion de la technologie et de ses usages, impacte au moins autant que la personne da sa sphère privée que le travailleur dans sa sphère professionnelle. Leur adoption dans un usage privé se déroule même avant celle sur le monde du travail, ce qui distingue fondamentalement cette révolution technologique de la première en ce qu’elle impacte d’emblée l’ensemble des aspects au quotidien.

Avec l’avènement de la crise sanitaire de covid19 en début d’année 2020 et qui avait forcé le confinement de la population, le télétravail s’était imposé comme alternative pour la continuité des l’activités hors cadre professionnel tradionnel.

Les modalités du télétravail sont assez diverses :

_Télétravail à domicile, alternance du travail dans les locaux de son employeur et différents rythmes selon la situation. Le télétravail occasionnel répond à des situations inhabituelles ou des situations d’urgence (Grèves des transports, pandémie, etc…)

_Télétravail en « Télé-local » dans un centre proche de son domicile et partagé avec d’autres travailleurs.

_Travail nomade pour certains métiers prévoyant de nombreux déplacement (commerciaux en visite chez le client)

_Télemanagement – Télé manager est de gérer à distance une équipe localisée sur des sites différents.

On peut définir ainsi le travail comme étant une forme d’organisation et  de réalisation du travail, utilisant les technologies de l’information dans le cadre d’un contrat du travail et dans laquelle  un travail, qui aurait légalement pu être réalisé dans les locaux de l’employeur, est effectué en dehors.

Ce mode d’organisation et de réalisation du travail à distance, qui va peut-être  refléter la forme que le travail prendra à l’avenir, nécessite d’être pris en compte avec une approche inclusive et participative.

En mettant en exergue, la protection de la santé et de la sécurité des salariés, les outils et matériels nécessaires à l’exécution du travail à distance, l’aménagement du temps du travail, la préservation de la vie privée, la délimitation du champ d’application car tout travail à distance ne constitue pas du télétravail, l’élargissement du spectre de l’accident de travail, le prolongement  et la révision de la notion d’établissement par rapport à notre législation sociale, le télétravail peut être revu et encadré pour une adaptation efficiente et conforme à l’environnement du travail.

Chers invités,

Chers camarades Congressistes,

Le travail syndical n’est jamais parfait ni achevé, l’essentiel c’est d’apporter sa pierre à l’édifice et de pouvoir dire un jour à ses enfants ou petits-enfants -Oui moi aussi j’ai participé au développement de l’environnement socio-économique de mon pays.

Hier, nos doyens syndicalistes  ont eu à remplir leur mission, nous leurs rendons hommage et nous leurs en remercions vivement.

A notre tour, nous avons renforcé les acquis et les camarades moins jeunes prendront la relève pour continuer le travail perpétuel et éternel d’un syndicaliste.

Vive le SYTS

Vive l’intersyndicale de Sonatel

Vive la CNTS au sein de la Coalition des centrales syndicales Sénégalaises,

Vive la solidarité syndicale internationale.

Je vous remercie de votre aimable attention.

 




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